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mardi 12 juin 2007 par Le Nouveau Réveil

"Propositions relatives à l'identification de la population". Le dernier document en date du ministère de l'Intérieur, version Désiré Tagro, inquiète. L'option de la tricherie, arrêtée par le FPI pour les prochaines consultations électorales, se confirme. Le dernier document, remis récemment par les services du ministère de l'intérieur aux structures chargées de l'identification de la population et du recensement électoral, précise que "pour plus d'efficacité, il faut envisager l'identification selon un phasage à 3 niveaux : 1ère phase, l'enrôlement de la population étrangère. 2e phase, l'enrôlement de la population électorale. 3e phase, l'enrôlement de la population résiduelle" c'est-à-dire, celle couvrant les Ivoiriens de 15 à 17 ans. D'abord, dans la vaste stratégie conçue par les maîtres de la technologie électorale, on constate que ceux-ci veulent faire gagner du temps (encore) à Laurent Gbagbo dont le mandat constitutionnel a pris fin depuis Octobre 2005. En effet, en plaçant comme première phase de l'opération d'identification, "l'enrôlement de la population étrangère", on constate que l'enrôlement des Ivoiriens n'est pas une priorité pour le FPI. Ensuite, le document mentionne que la "seconde phase sera réalisée par l'INS (Institut national de la statistique dont le DG Mathieu Meleu est un baron parmi les barons du FPI) avec l'appui de l'opérateur technique, sous la supervision de la CEI, de l'ONI et de la CNSI". La population électorale est estimée à près de 8 millions de personnes. "Il n'appartient pas à Désiré Tagro de définir le mode opératoire de cette opération", a fait savoir une source proche du dossier. Par ailleurs, la fixation sur l'INS est suspecte. D'autant plus que, curieusement, pour le recensement de la population étrangère, le document affirme que "l'INS, en raison des acquis dont il dispose, pourrait appuyer l'opérateur technique". Ici, pour le même travail, l'INS n'est plus le maître d'?uvre, mais "pourrait appuyer l'opérateur technique". Pour ce qui est du recensement électoral couplé avec l'identification (à juste titre), l'INS est le maître d'?uvre et l'opérateur technique l'appuie. Curieux. La commission électorale et la commission nationale de supervision de l'identification sont réduites à un rôle de spectateurs là où elles devraient être les maîtres d'ouvrage. Les indices de la fraude en préparation dans les laboratoires de technologie électorale du camp présidentiel sont, de ce fait, patents. Ils sont d'autant plus patents que selon une source proche de la CEI, jusqu'à présent, l'INS n'a sinon pas encore été capable, du moins ne veut pas mettre à la disposition de cette structure le fichier électoral sur lequel les électeurs ont émargé lors des élections présidentielle et législative de 2000. Au demeurant, ce document met sous l'éteignoir la "matrice de mise en ?uvre de l'accord politique de Ouagadougou" élaborée à Yamoussoukro en mai 2007, pourtant fruit d'un consensus entre la CNSI, l'ONI, la CEI, la primature, l'ONUCI, la haute représentation de l'ONU chargée des élections, etc. Cette matrice, véritable document de référence, définit la problématique, les mesures, les actions, les structures et acteurs du recensement électoral.

André Silver Konan


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