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vendredi 8 juin 2007 par Fraternité Matin

Dans une interview exclusive à fratmat.info, le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) juge le processus de paix en Côte d'Ivoire depuis la signature de l'accord de Ouagadougou. Interrogé justement dans la capitale Burkinabé, Mohamed Ibn Chambas affirme que le processus avance bien , au moment où le président en exercice de la CEDEAO s'apprête à effectuer une visite en terre ivoirienne. Monsieur Chambas, vous venez d'assister à l'ouverture du 1er forum sur les Meilleures pratiques dans le domaine des Technologies de l'information et de la Communication (TIC). Selon vous, comment les TIC peuvent-elles aider à régler les questions politiques, à résoudre les crises en Afrique de l'ouest ?
- Aujourd'hui, il faut une implication des nouvelles technologies dans tout ce que nous faisons, pour bien gérer les pays. Pour qu'il y ait la bonne gouvernance, il faut adopter les nouvelles technologies. Il faut surtout remarquer que toutes nos crises sont liées à la pauvreté. C'est donc clair que sans l'utilisation des nouvelles technologies, on ne peut pas avancer rapidement. L'initiative de cette conférence est très bonne. Je suis très heureux que les africains participent à un tel forum.
Le Président Blaise Compaoré arrive à Yamoussoukro mardi prochain. Que vous inspire cette visite ?
- Cette visite indique qu'il y a des progrès concernant le processus qui mène à la paix durable en Côte d'Ivoire. Le Président Compaoré est le médiateur dans la crise en Côte d'Ivoire. Après l'accord de Ouagadougou, il a continué à travailler avec le Président Laurent Gbagbo, le 1er Ministre Guillaume Soro, et toutes les forces politiques ivoiriennes pour maintenir le cap. Cette visite est donc très bonne. Il faut aller en Côte d'Ivoire pour voir comment les choses se déroulent pour sortir définitivement de la crise. Comme vous le savez, le Président Compaoré est également le président en exercice de la CEDEAO. Cette visite indique donc une implication très forte de la CEDEAO pour soutenir le processus de l'accord de Ouagadougou et de sa mise ?uvre.
Est-ce que pour vous la mise en ?uvre de l'accord de Ouagadougou déroule à la vitesse normale ?
Il y a des avancées. Il y a plusieurs décrets que le Président Laurent Gbagbo a signés. Il a nommé le 1er ministre. Le gouvernement a été mis en place. Il fonctionne. On a eu plusieurs acquis et je pense qu'il faut maintenir le cap. La Côte d'Ivoire peut compter sur la CEDEAO pour continuer à soutenir la mise en application de l'accord de Ouagadougou. Personnellement, je félicite le Président Laurent Gbagbo et le 1er Ministre Guillaume Soro ainsi que tous ceux qui les soutiennent pour la mise en ?uvre effective de l'accord de Ouagadougou. Vous parlez d'avancées. Mais, des voix s'élèvent pour dire que les milices n'ont pas été totalement démantelées. On n'a pas encore le désarmement et les grades des militaires des Forces nouvelles posent problèmes. - C'est un processus. Le démantèlement des milices et le désarment sont des choses qu'on ne peut pas acquérir en une semaine ou deux. On construit la confiance et on avance étape par étape. S'il y a des problèmes, on les résout et on avance. Le médiateur, le Président Compaoré veille, et il va bientôt nommer un représentant spécial qui va rester de façon permanente en Côte d'Ivoire. Celui-ci va continuer à prendre des contacts et continuer les consultations, les discussions. Ce qui est sûr, c'est que l'accord de Ouagadougou constitue une base de travail pour sortir de la crise et il faut soutenir ce processus là.
Vous êtes apparemment très optimiste. Pour quand voyez-vous les élections ?
- Il y a une feuille de route. Ce qui est important, c'est de tenter d'achever le chronogramme, dans le délai qu'on a donné. Et commencer les préparations pour les élections.
On a dit que le délai est de dix mois
- Oui ! On va tenter de faire dans les dix mois. Si au moment venu, on voit qu'il y a des choses à faire on continuera de les faire, sans rallonger indéfiniment le délai. Ce qui est important, c'est l'application de la feuille de route dans la bonne foi. Si on travaille dans la bonne foi, on peut reporter la date des élections d'un mois ou de deux mois. Ça ne pose pas de problème. A la CEDEAO, vous êtes pour ou contre la suppression du poste de Haut représentant du Secrétaire général des Nations unies pour les élections ?
- Le débat est actuellement ouvert.


Barthélemy KOUAME
Envoyé spécial à Ouagadougou


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