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vendredi 2 juillet 2010 par Notre Voie

Le président Laurent Gbagbo est encore à la tâche. Pour la paix. Le mercredi 30 juin, au Palais présidentiel, il l'a encore démontré. Dans un élan d'humilité, il a convié ses adversaires politiques à une discussion qui a porté sur la marche à suivre pour l'organisation des élections prochaines. Cette rencontre peut paraître banale ! Mais, en réalité, elle ne l'est point. Dans notre république, tout est clarifié. Et chacun, sait en principe, à quoi s'en tenir. Le président de la République gouverne. Les opposants font des contre-propositions. La Cei propose une date des élections présidentielles (ceci est valable parce que nous sommes en crise) et organise les élections. Cela devrait donc surprendre de voir le chef de l'Etat réunir des présidents de parti politique, des responsables de la Cei et de la communauté internationale pour évoquer la question des élections. Le président Gbagbo est monté au créneau, nous pensons, pour plusieurs raisons dont nous en retiendrons quelques- unes. Premièrement, Laurent Gbagbo, qui a été souvent attaqué sur la question des élections, a voulu montrer qu'il n'est pas celui que l'on croit. Il n'a pas l'intention de s'éterniser au pouvoir sans se soumettre au suffrage du peuple, comme certains au sein de la classe politique ivoirienne et de la communauté internationale le laissent croire. Il le dit souvent, au contraire de certains adversaires politiques, il est l'enfant des élections. Cela signifie qu'il doit sa promotion en politique et dans la gestion des affaires de l'Etat aux élections. Il a été président du Front populaire ivoirien (pendant de nombreuses années), député de Ouragahio, puis président de la République parce qu'il a été élu. C'est donc une habitude, pour lui, que de se faire élire par des élections. Il ne saurait donc se dérober aux élections présidentielles prochaines. Il a réuni tous les acteurs impliqués dans le processus de sortie de crise pour montrer sa bonne foi. Deuxièmement, le chef de l'Etat a voulu que les autres acteurs politiques qui ont souvent minimisé les obstacles à la tenue des élections soient au même niveau d'information que lui. C'est très souvent que les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara dénoncent la non-tenue des élections ou le report des élections. Sans se soucier des difficultés liées à une telle opération. Or, c'est un secret de polichinelle, le contexte dans lequel va se dérouler les élections à venir est inédit. La Côte d'Ivoire sort de huit années de crise dont près de deux ans de lutte armée. Cela a eu pour conséquence d'aggraver la situation de l'état civil ivoirien et d'encourager la fraude à une grande échelle. Sans oublier les appels à l'insurrection encouragés par le Rhdp, dont fait partie le Pdci de Bédié et le Rdr de Ouattara, qui ont occasionné, en février, la destruction de certaines sous-préfectures et tribunaux de la Côte d'Ivoire. Ce contexte de crise a également encouragé certains acteurs politiques à instrumentaliser les étrangers qui revendiquent, aujourd'hui, leur part de citoyenneté. La presse a très souvent rapporté les cas de quelques étrangers qui se sont retrouvés sur la liste électorale provisoire. Il faut donc revoir cette liste pour que ces élections souhaitées par tous soient réellement transparentes. Et que plus jamais l'on ne fasse la guerre pour des questions électorales. Désormais, le président Bédié et Ouattara pourront, nous le pensons, mieux apprécier la réalité et tenir un discours plus responsable face à leurs militants. Troisièmement, le président Gbagbo, par l'acte qu'il a posé le mercredi 30 juin, s'est posé une fois de plus en faiseur de paix. Il a imaginé une formule inédite de règlement d'une crise en Afrique en initiant le dialogue direct en 2007. Aujourd'hui, il ajoute à cet accord qui connaît des succès une plus-value qui est le dialogue inter ivoirien. Désormais, les acteurs politiques ivoiriens ont une plus grande proximité. Ils peuvent, plus qu'hier, dissiper leurs incompréhensions. En agissant ainsi, le président Gbagbo traduit une fois de plus en acte sa célèbre philosophie formulée comme suit : Asseyons-nous et discutons. Alors, que le bon sens l'emporte sur les rivalités lors de ces discussions. Vivement les élections ! Serge Armand Didi sardidi@yahoo.fr


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