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jeudi 1 juillet 2010 par Le Mandat

En accédant à la magistrature suprême de la Côte d'Ivoire en 2000, le Président Gbagbo s'est assigné pour mission première, la moralisation de la vie publique avec, comme clé de voûte, la sanction systématique des fautifs. Ainsi l'actuel locataire du palais présidentiel ne cesse de brandir, à tout vent, le glaive de la rigueur pour dresser les canards encore boiteux sous son Empire. Pour signifier à ceux qui douteraient encore du sérieux de l'affaire, Koudou a plusieurs fois frappé dans son entourage. Comme pour dire : ?' l'impunité n'aura pas droit de cité sous mon règne''. Certains de ses proches collaborateurs, et non des moindres, en ont déjà fait la douloureuse expérience. Sa secrétaire, Mme Gomet a été livrée à la justice au nom de la rigueur présidentielle. L'ami personnel du chef de l'Etat, Oré Gnézé, suspecté d'avoir tenté un coup d'Etat contre lui, depuis quelques mois, croupit dans les geôles de la MACA. L'ex-directeur du protocole de la présidence et pourtant très proche ami du président de la République, Allou Eugene, n'est plus au palais pour des actes de malveillance, nous aurait-t-on dit. Que dire alors d'Angeline Kili, Placide Zoungrana, Lucien Tapé Doh et bien d'autres qui séjournent depuis, deux ans à la MACA. Ces cadres de la filière café-cacao sont tous des proches de Laurent Gbagbo, mais qui subissent toute la rigueur du fils de Mama. Ce qui veut dire que dans cette scabreuse affaire Tagro qui continue de défrayer la chronique, Gbagbo est prêt à frapper dans le tas, et seul Dieu sauvera les innocents. Or, selon les premières déclarations du Ministre Tagro, relatives à cette affaire, des sommités du régime seraient trempés: Pascal Affi N'guessan, Mme Gbagbo, Sokouri Bohui, Charles Blé Goudé... Ces grosses têtes du régime frontiste, ont été nommément citées par Tagro qui, apparemment, ne veut pas mourir seul. De tous ces noms, celui de la première Dame semble celui qui suscite plus d'interrogations. On se demande bien, dans le cas où l'enquête épinglait la première Dame, Gbagbo, au nom de la rigueur, lâchera-t-il son épouse ? Nous sommes convaincus que, le chef de l'Etat dont la rigueur ne fait l'ombre d'aucun doute, ne fera pas deux poids deux mesures. Le président Nelson Mandela l'a réussi en Afrique du sud, en livrant Winny à la justice, et le ciel ne lui est pas tombé dessus. Si par hasard, les conclusions de l'enquête venaient à culpabiliser la première Dame, il n'y aura pas de raisons que le président de la République, dans sa logique de rigueur, livre tous les suspects à la justice pour que le droit soit dit et que les sanctions tombent équitablement. Gbagbo va donc faire comme Mandela en lâchant son épouse.

Rodolphe Flaha


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