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mercredi 5 mai 2010 par Le Patriote

Un pavé dans la mare. La Primature et la Commission électorale viennent de provoquer une montée d'adrénaline chez l'opposition politique et le RDR en particulier. Le communiqué conjoint du Premier ministre et du président de la CEI, annonçant la reprise du contentieux sur la liste électorale n'est ni plus ni moins qu'un nouveau mode opératoire concocté dans des conditions obscures. Ce communiqué est assorti d'un chronogramme d'activité de la CEI qui s'étend jusqu'au mois de juillet. Soit plus de soixante dix (70) jours pour une simple prolongation de l'opération en question.

Le RDR par la voix de l'un de ses responsables chargés des questions électorales, Doumbia Brahima, a protesté contre ce communiqué qui, dit-il est la copie conforme des revendications du seul camp présidentiel . Pourquoi un nouveau mode opératoire qui n'a pas été discuté et arrêté de manière consensuelle comme le précédent ? Est-ce à dire que la Primature et la CEI ont décidé désormais de faire fi du dialogue et du consensus qui ont jusque là, prévalu dans la résolution de la crise ? Une chose est certaine, c'est que le RDR n'a pas été associé à une quelconque discussion qui aurait abouti à ce nouveau mode opératoire. Le chronogramme en question scinde le contentieux en deux phases pour une durée de soixante douze jours. A l'analyse, cela n'obéit à aucune logique sauf celle de l'enlisement du processus électoral par des man?uvres dilatoires. Le faisant, la Primature et la CEI font fi des recommandations du Facilitateur en date du 22 février 2010. En outre, le mode opératoire en vigueur jusque-là, n'a jamais été remis en cause par aucun protagoniste de la crise. C'est ce mode qui a permis d'ailleurs au camp présidentiel de procéder par des voies détournées à des radiations injustifiées de la liste électorale de personnes qu'il frappe du délit de patronyme. C'est dire que la procédure mise en place -si elle est suivie- garantit la transparence et l'équité de l'opération sous la houlette des CEI locales légalement constituées. En d'autres termes, les difficultés constatées lors du contentieux résultaient plus du non respect des dispositions du mode opératoire par les dénonciations calomnieuses que la procédure mise en place dans les CEI locales. Pourquoi alors contourner celles-ci et les étouffer (en créant le surnombre) par des comités de réclamation, structures non légitimes, non légales et auxquelles reviendra - sans doute- le dernier mot dans le traitement du contentieux ? C'est une manière détournée de phagocyter les CEI locales dont le camp présidentiel a toujours réclamé la dissolution ou à défaut la recomposition. Ainsi, le nouveau mode opératoire satisfait une revendication capitale du FPI et ses mouvements satellites. Le RDR trouve cela inacceptable. En somme, la reprise du contentieux devrait donc se faire sur la base du mode opératoire en vigueur en mettant l'accent sur le respect strict des règles acceptées par tous les protagonistes. Pour toutes ces raisons, le RDR n'entend pas manger de ce pain.

Ibrahima B. Kamagaté


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