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mercredi 17 mars 2010 par Le Temps

Lentement mais sûrement, l'actuel Directeur général du Fonds monétaire international (Fmi) est en train de donner un virage plus humain à cette institution, en tenant compte des préoccupations des pays pauvres dans les prises de décision.

Depuis sa désignation au poste de Directeur général du Fonds monétaire international ( Fmi), Dominique Strauss Khan, le dixième à occuper ce poste, a décidé d'apporter sa touche à la gestion de cette institution de Bretton Woods, créée en 1944. Ce, à travers une vision managériale qui tienne compte désormais du point de vue des masses laborieuses notamment, en Afrique. Un continent où les différents programmes d'ajustement structurel (Pas) qui ont créé, selon le terme des syndicalistes, famine et misère. Tableau sombre découlant des lots de compression, de déflatés et de diminution de salaires, la liquidation et le démantèlement, la privatisation de certains secteurs stratégiques comme l'eau, l'électricité et les télécommunications. Sans oublier le démantèlement de certaines structures paraétatiques préconisé par des technocrates sous la direction de Michel Camdessus, alors Dg du Fonds monétaire international (Fmi). Au nombre de ceux-ci, un certain Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), ancien président du comité interministériel de sauvetage et Premier ministre de feu Félix Houphouët- Boigny. Mais aussi et surtout dga Afrique du Fonds monétaire international. Alassane Ouattara qui était venu en sauveur de l'Economie ivoirienne, avait demandé au " Vieux ", mille jours pour redresser l'économie ivoirienne. Mai au bout du compte, il a échoué. Pis, à ceux qui venaient de rentrer dans l'administration publique, il a servi des salaires à double vitesse. Ce qui a eu pour conséquences, la démotivation. Par exemple, chez les enseignants. Car à diplôme égal, un jeune professeur ou instituteur, fraîchement sorti de l'Ecole normale supérieure (Ens) ou du Cafop, n'avait pas le même traitement que son devancier.

Dominique Strauss Khan, pour un Fmi à visage humain

En visite à Abidjan en mai 2009, Dsk ne s'est pas contenté des audiences avec le ministre de l'Economie et des Finances, le Premier ministre ou le Président Laurent Gbagbo. En véritable socialiste et pédagogue, le patron du Fmi est allé sur le terrain. Notamment, à Yopougon pour rendre visite à des orphelins du Sida chez l'Ong Chigata. Mais aussi, il a fait une incursion dans le secteur industriel, principalement à l'usine Uniwax, fleuron de l'industrie textile qui souffre terriblement de la contrefaçon sur sa marque avec les produits venant d'Asie. Sachant bien que c'est souvent du monde universitaire en Afrique que sont partis les mouvements de contestation, "effets collatéraux" des vents de l'Est, le Pr d'économie Dsk s'est rendu sur le campus de Cocody. Pour présenter sa vision nouvelle des relations entre les pays africains et les institutions de Betton Woods. Aussi bien aux corps enseignants que les étudiants. Qui, selon les propos du Pr Niamien Messou, Sg du Synares qui disait à l'occasion : "Quand il s'est agi dans les programmes d'ajustement structurel de procéder à des coupes sombres, c'est bien sur le budget alloué à l'éducation et de la recherche qu'on a frappé." Ceci pour dire que le temps où des experts du Fmi et de la Banque mondiale se cloîtraient dans leurs bureaux douillet de Washington, pour concevoir un schéma qu'ils venaient appliquer "bêtement" en Afrique. Robert Zoellick, de la Banque mondiale qui a si bien compris cette nouvelle vision, a décidé également de se mettre à l'écoute des populations africaines. C'est à juste titre, qu'à la faveur de sa dernière visite de travail en Côte d'Ivoire, il est allé à la rencontre des producteurs de cacao et de café. Mais aussi de manioc et d'igname sur le site du Centre de recherche et de développement de Nestlé. Désormais, il faut venir sur le terrain, s'imprégner des réalités des Africains afin d'envisager un programme. Là où Michel Camdessus qu'on dit être au Vatican depuis quelques années, Alassane Dramane Ouattara, en Côte d'Ivoire, Touré Mamadou qui a échoué dans sa mission de relance de l'économie du Zaïre du temps de Mobutu et Nicéphore Soglo Dieudonné au Bénin, pour ne citer que ces quelques personnalités, ont échoué. En clair, partout en Afrique, ces technocrates d'alors, ont échoué avec leurs différents programmes d'ajustement structurel (Pas). Pis, ils n'ont fait qu'endetter davantage les pays africains. Pour réparer ces torts et mieux faire entendre la voix de l'Afrique, ce continent a aujourd'hui deux administrateurs au conseil du Fonds monétaire international (Fmi). Ce quota pourrait passer bientôt à trois. Mieux, il est préconisé une meilleure représentativité des cadres africains dans les différents départements d'une part, et d'autre part, la réforme des quotes-parts est même à l'étude. Pour mieux prendre en compte les préoccupations et les priorités des Africains. D'où, la mise en route de l'Initiative des Pays pauvres très endettés ( Ppte). Une initiative à laquelle la Côte d'Ivoire est admise depuis fin mars 2009. Date à laquelle elle atteint le Point de Décision. Qui ouvre à ce pays des facilités et des remises partielles de dettes. A noter que l'atteinte du Point d'Achèvement qui est conditionnée par une bonne application des engagements des gouvernants ivoiriens et les préoccupations des populations ivoiriennes contenus dans le Document de réduction de la pauvreté( Dsrp). Processus qui devrait ouvrir la voie à bien d'autres facilités et effacements de dettes plus conséquentes. Ce processus qui permettra à la Côte d'Ivoire d'alléger une partie de son fardeau de la dette, est le fruit de la cogitation de cadres ivoiriens, purs produits de l'administration ivoirienne et de l'université de Côte d'Ivoire.

Bamba Mafoumgbé
bamaf2000@yahoo.fr


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