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mercredi 17 mars 2010 par Le Temps

La tolérance zéro des mutilations génitales féminines dans le département de Bondoukou constitue une préoccupation majeure pour l'organisation nationale pour l'enfant, la femme et la famille (Onef). A cet effet, depuis trois années, elle a initié des activités allant dans le sens de l'abandon des mutilations génitales féminines et des autres violences basées sur le genre dans le département de Bondoukou. Les 10 et 11 mars 2010, les exciseuses ont décidé de déposer définitivement leurs couteaux au cours d'une cérémonie publique qui a eu lieu à Bondoukou et dans le village de Boromba et cela, en présence des autorités administratives, politiques, coutumières, religieuses et les partenaires dudit projet.

Koumassi Manzan Thérèse, représentante de l'Unicef et bailleur de ce projet, situe l'ampleur du désastre. "42 % de femmes sont mutilées chaque année à travers le monde et la côte d'ivoire occupe le cinquième rang en Afrique de l'ouest. On ne peut donc pas continuer à tolérer une pratique qui donne la mort à nos filles", a soutenu Mme Manzan Thérèse, avant d'ajouter que, "l'excision est une convention collective. Il est important que l'on abandonne ces pratiques afin de sauver des vies humaines". Elle a exhorté l'Etat de côte d'ivoire à traduire dans les faits, les conventions ratifiées concernant la lutte basée sur le genre. En effet, la pratique de l'excision est un phénomène qui a pris de l'ampleur dans certains villages du département de Bondoukou. Des membres venus des communautés Dega, Nafanan, Noumou, Koulango, Malinké et Lobi des 28 villages dudit département, ainsi que 24 quartiers de la ville de Bondoukou, et 18 ex-exciseuses ont décidés de déposer définitivement leurs couteaux. "C'est le fruit de nombreuses séances de formations, d'informations, d'éducations et de sensibilisations des populations sur la base des groupes sociaux clés, c'est-à-dire, les leaders communautaires et religieux, les hommes, les femmes et les jeunes", a déclaré Gnebe Labe, coordinateur national chargé du programme de protection de la petite enfance. Cependant, le village de Tambise se fait tirer les oreilles, il refuse pour l'heure de déposer le couteau. C'est pourquoi, M. Zoué Sepan Vincent, sous-préfet central de Bondoukou, représentant le préfet de région et Mme Soro Natogoma Gon, représentant le ministre de la famille, de la femme et des affaires sociales, ont instruit les populations sur les dispositions de la loi régissant les peines en la matière depuis 1998. Ces dispositions de lois, punissent les personnes qui portent atteintes au droit de la femme. Cette peine court de un à vingt ans de prison ferme assortie d'amandes. D'où cet appel de Yéboua Nestor, représentant le président du conseil général du département de Bondoukou ". Les temps ont changé et vous devez faire avec. Sachez qu'aucun élu n'est compétent à vous sortir des filets de la justice car ces actions sont punies par la loi".

Pascal Assibondry
Correspondant régional


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