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mercredi 17 mars 2010 par Le nouveau navire

La région du Bas-Sassandra a amorcé son développement. Et ce, grâce aux autorités du port autonome de San-Pédro en collaboration avec des institutions du secteur privé. Parmi elles, figure le Méditerranean Shipping co. SA (Msc). Nous avons rencontré le président du Conseil d'administration de cette société.

M. le président, comment se porte Msc en Côte d'Ivoire et en Afrique de l'Ouest ?

Je peux dire que Msc se porte bien tant en Côte d'Ivoire qu'en Afrique de l'Ouest. En Côte d'Ivoire, malgré la crise, nous avons fait tout notre possible pour garder notre positionnement. Nous avons traversé la crise internationale 2009 avec difficulté comme tous les autres armateurs et transporteurs. Même si nous avons fait preuve de réalisme en ayant une vision un peu moins. Aujourd'hui, la crise internationale commence à passer mais pour nous c'est encore difficile, même si les beaux jours commencent à revenir tout doucement. L'Afrique a été perturbée pendant cette crise internationale surtout au niveau de certains ports mais il va y avoir d'ici quelques années un nouveau développement dans le secteur maritime.

La crise internationale certes, mais au niveau local, il y a eu des perturbations au port avec la grève des dockers et les reports à répétition des états généraux de la mer?

Si l'on veut parler de la crise des dockers qui a eu lieu à Abidjan, nous avons été perturbés. Nous en avons subi les conséquences en tant qu'armateur au même titre que les autres mais un peu moins parce que nous ne faisons pas de transbordement à Abidjan. Cela dit, nous devons remercier les autorités du Paa ainsi que les ministères qui se sont responsabilisés immédiatement dans cette crise et qui ont su trouver une porte de sortie a cette crise qui, je le répète, était assez difficile à supporter.
Au niveau des états généraux maintes fois reportés, nous avons demandé en tant qu'armateur représenté par une association à pouvoir participer à ces assises car il est difficile de discuter maritime si les armateurs ne sont pas là. L'armateur est un opérateur obligatoire, puisque sans armateur, il n'y a pas de manutention, de transit ni de commerce international. Donc c'est quelque chose qu'il faut prendre en considération. Je pense que cela a été pris en considération et l'on peut aller tranquillement aux assises maintenant sans problème. Il est nécessaire de tenir ces états généraux pour définir le paysage et donner un peu plus de compétitivité aux débouchés maritimes en Côte d'Ivoire.

Parlons de politique de développement. Vous êtes en collaboration avec le port de San-Pédro engagé dans le développement de la région du Bas Sassandra. Parlez-nous en ?

Je suis responsable pour le groupe Msc de diverses infrastructures, notamment du terminal de San-Pédro. Ce terminal est une entité à part qui a pour but la manutention et le transbordement dans la région du Bas -Sassandra où est situé le port de San-Pédro. Nous espérons que notre activité va permettre un développement au niveau des opérateurs et acteurs économiques, c'est-à-dire une industrialisation, des échanges commerciaux un peu plus forts avec le port de San-Pédro. Nous sommes en parfaite relation avec le Pasp et les autorités de la région. Nous avançons dans la même direction. Il y a une volonté réelle de développement de cette région et donc nous voulons, à travers nos actions, participer au développement de la région et des régions qui sont axées sur l'ouest jusqu'en Guinée, le Libéria. La région du Bas-Sassandra est une région vivante et très riche en Côte d'Ivoire. La plupart des exports tropicaux passent par ce port. Aujourd'hui, il y a une forte demande pour l'importation aussi via ce port qui reste un port majeur pour la sous-région.

M. Le président, il y a beaucoup à faire pour cette région surtout au plan infrastructurel. Nous savons qu'il y a un grand problème de voirie. Alors quel est votre plan d'action pour sortir la région de cet épineux problème ?

Ecoutez, le processus est en route. Il y a déjà des pôles de développement. Si vous arrivez au port de San-Pédro, vous allez vous en percevoir. L'autorité du port de San-Pédro a dragué le bassin ainsi que les quais du port. Aujourd'hui, nous avons 12 mètres de tirant d'eau. Ce dragage a duré deux mois. Cela fait partie des accords sur le développement du Bas-Sassandra. Donc des efforts ont été déjà faits. Il y a une volonté de développement, la preuve toute la zone portuaire a été réaménagée pour inviter les industries à s'installer. Ce qui est déjà amorcé. On a aussi des flux d'exports imports avec le Libéria avec la volonté des miniers d'utiliser le port de San-Pédro. Les exportateurs de manganèse sont aussi très intéressés pour utiliser le port de San-Pédro. Il y a des multiples projets avec de multiples terminaux professionnels (hydrocarbure, vrac). Donc il y a vraiment une volonté et cette volonté n'est plus au stade de projets, mais de réalisations. Au delà de Msc, les autorités sont en contact avec des grands bailleurs de fonds tels que la banque mondiale, la Boad. Donc je pense que San-Pédro commence son développement et l'on va être très surpris de la rapidité avec laquelle le tissu économique va s'organiser et le développement qu'il y aura dans la sous-région. Aujourd'hui le port de San-Pédro a la même compétence maritime que les ports d'Abidjan, de Cotonou d'Accra etc. Et donc va pouvoir rivaliser en compétence et compétitivité avec les autres ports.

Récemment nous avons vu accoster deux grands navires MSC à San-Pédro, parlez-nous un peu de votre politique de transbordement au port de San-Pédro.

Ce n'est pas de notre nature MSC de communiquer, donc il est certain que voir deux navires arriver est quelque chose de nouveau pour les populations, mais ce que je veux dire c'est que nous avons commencé nos activités en tant que MSC à San- Pedro en octobre 2008 avec un navire tous les 10 jours. Nous avons réduit ensuite nos espaces entre les escales. A partir de mars 2009, nous avons commencé nos opérations de transbordement avec différents navires. Aujourd'hui, nous sommes à deux, voire trois escales par semaine ce qui va nous permettre de développer d'autres pays de la sous-région car nous voulons que ce port de San-Pédro devienne le hub de MSC et nous y croyons.

Que représente MSC au niveau des deux ports pour la Côte d'Ivoire ?

MSC est un armateur comme les autres. Et comme vous le savez, les armateurs sont présents de plus en plus. Nous avons la plupart de nos confrères qui sont installés en propre ce qui démontre une volonté de s'installer en Côte d'Ivoire nous sommes certain que la Côte d'Ivoire joue un très grand rôle en Afrique de l'ouest et pour cela nous ne pouvons pas être absent. Surtout qu'en Côte d'Ivoire, nous avons la chance d'avoir deux ports donc on peut avoir un développement sur deux axes. Pour nous MSC en Côte d'Ivoire, nous faisons nos reacheminements sur le Mali, le Liberia, le Burkina et la Guinée, surtout à partir de San-Pédro. Nous avons deux axes de développement sur le fret en tant qu'armateur pur c'est-à-dire commercial, et le deuxième axe sur San Pedro en outil de transbordement mais surtout de développement sur les autres ports. La volonté de MSC en Côte d'Ivoire est de rester, de se mouvoir dans le paysage économique et de devenir un acteur essentiel au service de la population et des autorités. Il faut que MSC soit un outil à la compétitivité de la Côte d'Ivoire et c'est ce que nous nous acharnons à faire.

On constate que vous ?uvrez beaucoup pour le social en Côte d'Ivoire

On part du principe que l'on ne peut pas vivre avec des personnes sans les aider. Donc, il y a certaines actions sociales et charitables que l'on fait parce qu'on ne peut pas être invité dans un pays sans qu'on ne donne quelque chose en retour. Nous sommes venus nous installer ici avec la bénédiction des autorités. Ces autorités ont compris qu'ayant plusieurs armateurs, cela allait donner une certaine compétitivité aux ports de Côte d'Ivoire, que cela allait permettre aux populations et opérateurs économiques un peu plus de compétitivité et d'être dans un milieu beaucoup plus concurrentiel. Aujourd'hui l'on regarde les frets depuis 2000, on se rend compte que les taux ont chuté de 30 à 60% du fait que d'autres armateurs s'installent et que l'Afrique représente en activité maritime 2% du transport, donc il est essentiel pour les armateurs de se positionner sur l'Afrique aussi bien en transbordement qu'en import-export. C'est pour nous MSC un continent d'avenir. Donc nous voulons participer à cette belle aventure de la compétitivité. Le fait que nous nous installons en 2008 à San Pedro a fait chuter les frets avec un minimum de 30%, ce qui veut dire que cela a donné une compétitivité essentielle au port de San Pedro sur l'export et a permis au port de proposer différentes palettes aux opérateurs qui ont pu renégocier par rapport à la crise économique.

Réalisée par Edmond Kouadio


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