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vendredi 25 mai 2007 par Nord-Sud

Face aux dirigeants de la Lidho et le d'Apdh, encore sous le coup des violences que leur ont fait subir la Fesci, la garde des Sceaux leur a manifesté son soutien et promis que justice sera faite.

Le ministère de la Justice ne fera rien pour arrêter la procédure judiciaire liée au saccage des sièges de la Ligue ivoirienne des droits de l'homme (Lidho) et de l'Action pour la défense des droits de l'homme (Apdh). La promesse a été faite hier aux responsables des deux organisations par le garde des Sceaux. En fin de matinée, le ministre Koné Mamadou s'est rendu successivement dans les locaux de l'Apdh et de la Lidho pour constater les dégâts subis par les deux structures et leur témoigner sa solidarité. Lundi, rappelons-le, les sièges de l'Apdh et de la Lidho ont été mis à sac par des jeunes gens se réclamant de la Fédération scolaire et estudiantine de Côte d'Ivoire (Fesci). Le syndicat estudiantin reproche aux deux Ong de soutenir les enseignants du supérieur public dans la grève qui paralyse l'université depuis bientôt deux mois.

Les responsables identifiés

Le ministre a condamné l'acte des apprenants : Je condamne cette violence d'abord parce que c'est une violence, et que toute violence est condamnable, ensuite parce qu'elle est dirigée contre des associations de défense des droits de l'Homme qui ne méritent pas cela. Des organisations qui se battent pour que les droits de l'Homme soient respectés dans notre pays. Si on ne peut reconnaître leur mérite qu'on ne vienne pas s'attaquer à elles. Il a demandé aux animateurs des deux structures de ne pas se laisser intimider par ces évènements. Pour lui, ce serait encourager ceux qui en sont les auteurs. Il les a plutôt invités à redoubler d'effort dans leur noble mission. Le ministre a promis de rendre compte au gouvernement. Ses hôtes de la Lidho et de l'Apdh ont souhaité que leurs plaintes aillent jusqu'à la sanction de ceux qui les ont attaqués. Qu'on ne nous dise pas, comme d'habitude, que les enquêtes sont en cours , a prévenu le président de la Lidho. D'ailleurs, pour N'Goan Patrick, l'on n'a pas besoin d'enquête pour connaître les responsables de ces casses. C'est Koffi Serges, secrétaire général de la Fesci qui, au cours d'un meeting qu'il a animé lundi à 9 heures au campus de Cocody, a donné l'ordre de venir casser le siège de la Lidho. L'opération a été dirigée par le secrétaire de la section Fesci de la Cité rouge, appelé Blanchart. Qu'ils soient arrêtés et jugés Deux choses choquent les membres de la Lidho dans cette affaire. C'est d'abord le fait que le saccage ait fait disparaître toute la mémoire de leur organisation. Les archives ont été détruites ou emportées. Secundo, la Lidho est indignée par l'impunité avec laquelle ont agi les casseurs. Selon les témoignages repris devant Koné Mamadou, la police a été alertée.

Le jeu trouble de la police

Elle a trouvé les bourreaux sur les lieux, mais n'a fait que les regarder faire. Avant de s'en aller, les fescistes ont même animé un long meeting devant le siège. Pire, c'est un innocent qui a été embarqué par la police. Le secrétaire permanent de la Lidho, Ahui Camille, témoin oculaire explique : Un badaud a eu le malheur de voler à un militant de la Fesci une chaise que ce dernier avait volée au siège de la Lidho. Ils ont bien molesté ce badaud et ils l'ont confié aux policiers. Et c'est ce badaud que les policiers ont embarqué au poste. Le président de l'Apdh, le Dr Boga Sako Gervais a été plus amer. Il a mis le gouvernement en garde contre tout étouffement de l'affaire.

Dans la même matinée, la Lidho et l'Apdh ont été entendus par le ministre de l'Intérieur Tagro Désiré. Au sortir de cette rencontre qui s'est déroulée à huis clos au sein de ce département N'Goan Patrick et Boga Gervais ont respectivement estimé leurs préjudices à 30 millions et 6 millions de Fcfa.

Cissé Sindou


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