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 mardi 29 décembre 2009 par Le Nouveau Réveil

Qu'il veuille, notre omni-président-candidat (qui ne trouve aucun inconvénient à ce qu'il n'y ait pas d'élection dans son pays) se poser en leader incontesté de toute l'Afrique et peut-être même du monde, quoi de plus normal. Qu'il veuille apparaître aux yeux de tous les peuples africains comme étant le seul dirigeant africain qui se soucie vraiment de l'intégration et de la libération des peuples africains, quoi de plus normal. Qu'il aille donner, aux frais des contribuables Ivoiriens, sans demander leur avis, 500 millions aux victimes des inondations au Burkina Faso, un pays frère qui est en plein essor économique, quoi de plus normal sur un continent dont l'une des forces est justement la solidarité. Mais ô combien les Ivoiriens, victimes des inondations dans leur propre pays, auraient aimé que leur président fasse preuve de la même gentillesse en leur donnant ne serait-ce qu'un franc symbolique ! Que le président-candidat décide de décorer, aux frais des contribuables ivoiriens, sans demander leur avis, toute l'équipe nationale ghanéenne de football qui a brillamment remporté la Coupe du monde des moins de 20 ans, quoi de plus normal. Surtout qu'il s'agit d'un pays frère qui est en plein essor démocratique et économique, contrairement à la Côte d'Ivoire qui est au bord de la banqueroute et qui vient de confier son sort (sa souveraineté) aux bailleurs de fonds internationaux, à travers l'initiative Pays pauvre très endetté (Ppte) et qui n'a trouvé comme tactique pour faire des économies qu'en suspendant les salaires des fonctionnaires grévistes, après les avoir poussés à bout. Mais qu'on se comprenne bien. Nul n'est contre la victoire des Ghanéens à la Coupe du monde des moins de 20 ans. Nul n'est contre le fait que l'omni-président-candidat décore sur le sol ivoirien, les joueurs et tous les autres acteurs de cette victoire historique qui honore tous les fils du continent africain. Mais en l'état actuel de la situation sociale, politique et économique de la Côte d'Ivoire, on ne peut que s'interroger sur l'opportunité de cette cérémonie de décoration grandeur nature, telle qu'il nous a été donné de voir en direct sur les antennes de la première chaîne de la télévision ivoirienne ou ce qu'il en reste. L'omni-président-candidat Laurent Gbagbo qui a déclaré récemment qu'il n'a plus un sou à donner à quelque travailleur ivoirien que ce soit, a trouvé de quoi affréter un avion spécial pour aller au Ghana chercher environ 40 personnes. Il a trouvé de quoi payer les frais de confection d'une cinquantaine de médailles avec tout ce qui va avec et qu'on imagine aisément. Il a trouvé de quoi offrir un buffet présidentiel à ses hôtes du jour dans les poches desquels (sans aucun doute) quelques petites enveloppes bien garnies ont dû être discrètement glissées pour s'être volontiers prêtés aux élans panafricanistes de notre omni-président-candidat. On ne peut pas déplacer, pour une cérémonie de décoration, l'équipe nationale d'un pays qui n'est pas le sien, sans un geste financier à son égard. Cela va de soi. Combien cette cérémonie de décoration a coûté aux contribuables Ivoiriens ? 100 millions ? 500 millions ? 1 milliard ? Seul l'omni-président-candidat peut répondre à cette question. Mais à notre avis, quoi que l'omni-président-candidat ait voulu passer comme message en agissant de cette manière, il s'agit ni plus ni moins que du gaspillage de l'argent public dans un pays qui ne trouve même pas de quoi financer sa sortie de crise pour aller aux élections et qui n'a plus de solutions pour répondre aux revendications salariales de ses fonctionnaires. Les Ivoiriens sont dans la misère jusqu'au cou et ils attendent que leur président trouve des solutions à leurs nombreuses difficultés. Ils se fichent bien de savoir qu'il est le leader de l'Afrique alors qu'ils ne mangent pas à leur faim. Ils se fichent bien de savoir qu'il est le plus grand panafricaniste alors que leur pays est la risée du monde parce qu'il n'arrive pas depuis bientôt cinq ans, à organiser une chose aussi banale qu'une élection présidentielle. Car, pendant que l'omni-président-candidat décore aux frais des Ivoiriens, plus de 50 personnes venues d'un pays qui n'a plus rien à envier à la Côte d'Ivoire, des milliers de fonctionnaires ivoiriens et leur famille n'ont même pas eu de quoi se mettre sous la dent pendant la fête de Noël parce que leurs salaires ont été suspendus. Par l'omni-président-candidat qui veut libérer toute l'Afrique sans commencer par s'occuper des souffrances de son propre peuple plongé dans une misère sans nom. Décorer l'équipe ghanéenne, d'accord. Mais les Ivoiriens apprécieraient mieux " ce geste fort " comme le dit Fraternité Matin, si leur président faisait preuve de la même attention à leur égard. Et arrêtait de se moquer d'eux en utilisant leur argent sans demander leur avis. Comme il l'a fait en donnant 500 millions aux victimes des inondations au Burkina, pendant que les victimes des inondations à Abidjan, dorment aujourd'hui dans les rues. A moins que sous l'omni-président-candidat, la charité bien ordonnée ne commence par les autres. C'est sûrement cela. Et c'est certainement un métier qui n'est pas de tout repos. Dire une choseet faire son contraire. Dans cette affaire, une simple lettre de félicitations portée au président ghanéen par un ministre ivoirien aurait suffi. Puisque les caisses sont vides Et que l'argent public est quelque chose de sacré
ASSALE TIEMOKO




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