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lundi 21 mai 2007 par Nord-Sud






Le chef de l'Etat a assisté, samedi, au désarmement des miliciens de l'Ouest à Guiglo.


Il est 16h14. Le représentant du secrétaire général de l'Onu, Abou Moussa met le feu à quelques armes (kalachnikovs, fusils calibre 12). Sous le regard du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, des autorités militaires et civiles ivoiriennes, des chefs miliciens et des forces impartiales (Licorne, Onuci). Le public qui ne voulait pas se faire conter la cérémonie de désarmement des Forces de résistance du Grand Ouest (Frgo), ce samedi 19 mai, à la place Félix Houphouët-Boigny exulte de joie après cet acte symbolique. La guerre est finie. Vive la paix, ne cesse-t-il de scander sous les applaudissements. Sur les visages, c'est le soulagement. La guerre est désormais un vieux souvenir. Les groupes d'autodéfense mués en milices, qui opéraient à l'Ouest de la Côte d'Ivoire ont décidé de déposer officiellement, ce jour, leur arsenal de combat : fusils calibres 12, kalachnikovs, RPG7, couteauxDes armes rouillées ou bouchées par de la boueinstallent le doute dans les esprits. Point de treillis militaires. Le total des armes déclarées par le chef de l'Etat lui-même : 1.027



Des éléments des Forces de défense et de sécurité (Fds), à quelques minutes de l'événement, à bord de deux véhicules pick-up, acheminent les armes à la place de la cérémonie. Ils les disposent dans sept charrettes (pousse-pousse) et recouvrent chacune de pagne blanc, symbole de linceul. C'est pour dire que la guerre est finie, commente l'animateur. Comme pour rappeler les heures chaudes de la guerre, une chaleur d'enfer s'invite à la cérémonie. Ce qui fait le bonheur des vendeurs de sachets d'eau glacée. La vue d'un sachet ou d'un bidon d'eau fait l'objet de plusieurs sollicitations. Le retard accusé dans l'exécution du programme amène le protocole du chef de l'Etat à exiger des organisateurs et des intervenants à aller à l'essentiel. Laurent Gbagbo fait son apparition sous les applaudissements. Il est 14h38. Il fait le tour pour saluer les différentes délégations qui attendaient depuis le matin. Le chef de l'Etat échange avec certains de ses hôtes. La sécurité débordée, bande les muscles pour dégager les mains indésirables qui veulent saluer Gbagbo, surtout pour frayer le chemin aux autorités. Le temps presse. A peine le chef de l'Etat installé, des notables procèdent à la libation pour implorer les ancêtres afin qu'ils autorisent et veillent (mystiquement) sur la cérémonie. Le maire de Guiglo, Gaha Barnabé, après les mots de bienvenue, pose le problème de l'insécurité grandissante dans l'Ouest. Il souhaite du chef de l'Etat le renforcement des capacités (moyens et hommes) des Fds afin qu'elles délogent les bandits. A sa suite, le porte-parole des élus, cadres et des populations, le député Emile Guiréoulou, demande aux ex-combattants d'être désormais les ambassadeurs de la paix et de la cohésion sociale. Aux autorités ivoiriennes, le cadre du Fpi et natif de Guiglo, veut voir le Grand Ouest déclaré région sinistrée du fait de la guerre du Libéria avec ses conséquences (destruction de la faune, réfugiés) et celle déclenchée le 19 septembre 2002. C'est pourquoi, nous vous prions, M. le président, de bien vouloir déclarer officiellement régions sinistrées, les régions du Moyen-Cavally et des Montagnes avec les mesures d'accompagnement qu'impose cette situation, implore-t-il.



A partir d'aujourd'hui, tout milicien armé sera poursuivi?






Sous des applaudissements nourris, l'animateur annonce l'intervention du ?'général'' Maho Glofiei. Au nom des Forces de résistance du Grand Ouest il présente ses différents collaborateurs et rappelle les raisons qui les ont poussés à prendre les armes aux côtés des Fds. Des armes qu'ils ont arrachées aux agresseurs. Aux côtés de nos vaillants soldats, nos Fds, nous avons combattu avec des bâtons, des armes arrachées de force ou en tendant des embuscades à l'ennemi. Nous avons combattu avec l'aide de Dieu qui nous a donné la force de récupérer des armes avec nos agresseurs au moment de leur mise en déroute. Notre arsenal est composé de fusils calibre 12, de fusils AK 47 ou kalachnikovs, de grenades, de RPG7 et de mines (anti-personnelles), rappelle-t-il. Avec l'accord de Ouagadougou (mars 2007) signé par leur grand parrain, le chef de l'Etat, lui et ses hommes ne peuvent que s'inscrire dans le processus de paix en cours. Dans ces conditions, le Frgo que je dirige n'a plus de raison d'être en armes. C'est pour toutes ces raisons que M. le président de la République, devant la communauté nationale et internationale représentée à Guiglo, je vous remets ce jour, samedi 19 mai 2007 toutes les armes qui sont détenues par mes mouvements. A partir de cet instant, tous ceux qui seront détenteurs d'armes à feu, illégalement dans notre région, devront répondre devant la loi de la République de Côte d'Ivoire. Car, le Frgo ne sera plus tenu pour responsable de leurs agissements, précise-t-il. Même s'ils n'exigent rien en retour, Maho Glofiei Denis et les responsables des milices de l'Ouest demandent au Pnddr de respecter leurs engagements vis-à-vis de leurs jeunes combattants. Surtout pour leur prise en compte dans le programme du service civique national.



Le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, après les différentes allocutions, remercie les initiateurs et les organisateurs de la cérémonie. Symboliquement, il remet les armes (une kalachnikov et un fusil calibre 12) reçus des mains de Maho Glofiei au patron de l'Onuci, Abou Moussa en charge du désarmement. Bien avant, il annonce qu'il ira à Bouaké avec le Premier ministre, Soro Guillaume pour ramasser aussi les armes et les brûler (ou cantonner) comme à Guiglo. Il dénombre les armes remises par les miliciens à qui il fait la promesse d'être pris en compte par le service civique. (Lire ci-après, l'intégral de son discours). C'est au pas de course que la cérémonie prend fin.






Kossou Jean-Marc



Envoyé spécial à Guiglo


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