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 mercredi 9 décembre 2009 par Islam Info

Six compagnies familiales de La Mecque monopolisent un métier spécifique au grand pèlerinage annuel du Hadj, le "tawaf", qui consiste à assister les fidèles en terre sainte musulmane. "Nous prenons en charge le pèlerin dès qu'il pose le pied sur le sol de la Mecque", explique l'un des membres de cette corporation en attendant un bus de clients indonésiens.

"Nous organisons le gîte, l'alimentation, le transport, les rituels et tentons de résoudre tout problème que le pèlerin rencontre", ajoute Imad Abdallah, spécialisé dans les fidèles venant du Sud-Est asiatique. Cette corporation est un rouage essentiel de la logistique lourde et compliquée du Hadj à l'attention de plus de deux millions de fidèles que gèrent les autorités saoudiennes chaque année.

Les employés de chacune des six compagnies gardent, pendant toute la durée du Hadj, les documents de voyage des pèlerins et se tiennent prêts à organiser les visites des monuments historiques ou les courses de fidèles qui s'apprêtent à rentrer chez eux auréolés du titre de "El Hadj", les bras chargés de souvenirs. Les services de ces assistants sont payants et ils emploient pendant la saison du Hadj des milliers de jeunes Mecquois, des hommes et des femmes qui peuvent gagner en l'espace de quelques jours entre 800 et plus de 5.000 dollars, selon leur niveau d'expérience. Le fait de se faire employer comme "Moutawif" par l'une des six compagnies pendant le Hadj est une tradition ancienne chez les jeunes citadins qui aiment jouer le rôle de guide et d'assistant auprès de fidèles venus du monde entier.

La connaissance des langues étrangères est un atout et certains Moutawif excellent dans ce domaine. La corporation a été organisée par le fondateur de l'Arabie saoudite, le roi Abdel Aziz Ibn Séoud, dans les années 1930. Elle n'était jusqu'à alors soumise à aucune réglementation et s'exerçait de manière désorganisée.

Elle a été limitée à six compagnies et comporte une sorte de cahier des charges fixant les domaines d'action de ceux qui choisissent d'y travailler et leur donne un cadre légal. Imad Abdallah, qui exerce ce métier depuis 30 ans, précise que sa famille, l'une des détentrices du monopole, est "dans les affaires depuis 150 ans".

"Nos fils vont en hériter", ajoute-t-il. Les familles qui détiennent les six compagnies viennent, selon lui, d'origines diverses et de lieux divers du monde musulman. Certaines se sont établies à la Mecque il y a des centaines d'années pour y étudier ou y faire du commerce. Il affirme que la corporation n'exerce pas de grande influence au sein de la société mecquoise même si elle monopolise un métier considéré comme "noble".

Durant sa longue expérience du métier, Imad Abdallah dit avoir fait face à de nombreuses situations cocasses ou difficiles. Il raconte avoir eu affaire à un pèlerin déséquilibré mentalement qui, "sous l'effet de la chaleur intense de la Mecque et de la spiritualité des lieux, a fini par retrouver ses esprits".

"De nombreuses femmes enceintes donnent naissance pendant le Hadj, ce qui est magnifique mais complique le travail car il faut les emmener à l'hôpital", ajoute-t-il. Les fidèles venant d'Indonésie lui donnent par ailleurs du fil à retordre avec la cuisine saoudienne, qu'ils ne semblent pas apprécier. "Nous les aidons à trouver des plats qu'ils aiment mais cela dépend souvent de ce qu'ils sont capables de payer", confie Imad Abdallah.

AFP


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