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mardi 28 juillet 2009 par Le Patriote

Une diversion ! C'est ainsi que l'on peut qualifier le récent sondage commandité par le président Laurent Gbagbo à TNS SOFRES. Le fameux sondage que brandissent les porte-voix de la Refondation comme une preuve irréfragable de la future victoire de leur champion accrédite le président Laurent Gbagbo de 43% des intentions de vote pour la prochaine élection présidentielle, 29% pour le président Bédié et 27% pour le docteur Alassane Dramane Ouattara. Cette opération a été conduite par la SOFRES (Société française d'Etudes par Sondage) par les bons soins de M. Stéphane Fouks, co-président d' EURO RSCG France. Ce dernier était récemment à Abidjan où il a diné avec le candidat Gbagbo. Si la structure qui l'a réalisé est mondialement connue pour son expertise en la matière, les fonctions qu'occupe actuellement son auteur auprès du président Laurent Gbagbo incite à la prudence. Stéphane Fouks n'est pas un inconnu au Palais présidentiel. L'émule du célèbre communicateur Jacques Séguéla pilote actuellement la communication du candidat de la Refondation. Il ne faut donc pas s'étonner de constater que le test d'opinion fait sur un échantillon de 1000 personnes à Abidjan et 1000 autres dans certaines localités du pays, commandité par celui-là même qui l'emploie actuellement, puisse manquer d'objectivité. Ne serait-ce que pour faire plaisir à Laurent Gbagbo et surtout continuer de bénéficier de ses largesses. Mais là n'est pas la vraie raison de la publication de ce vrai faux sondage. Sa publication participe d'une stratégie de communication. Tout le monde est aujourd'hui édifié que Laurent Gbagbo ne veut pas des élections en 2009. Pour donc mener encore en bateau la poignée de personnes qui croient encore en sa bonne foi, il a instruit , sinon commandé un sondage pour faire croire à la communauté internationale qu' au fond, s'il rechigne à aller aux élections, ce n'est pas parce qu'il a peur de se faire battre. Mais plutôt parce que le temps matériel ne permet pas d'aller à des élections cette année. C'est dans ce même souci de tromper l'opinion nationale et internationale qu'il a signé, le 14 avril dernier, le décret convoquant les électeurs aux urnes le 29 novembre dernier. C'est dans cette même disposition d'esprit qu'il a confirmé, même s'il n'y croit pas du tout, la tenue du premier tour du scrutin présidentiel dans la dernière journée dominicale du mois de novembre. Si Laurent Gbagbo pense gagner la bataille de l'opinion avec de tels montages, il se trompe lourdement. Car en près de 10 ans de règne, les Ivoiriens dans leur grande majorité ont appris à le connaitre. Les résultats du sondage réalisé par M. Fouks sont tellement loin de la réalité du terrain qu'aucun Ivoirien sérieux ne peut leur accorder un réel crédit. Mais si ces chiffres qui n'engagent que leur auteur peuvent booster le moral du candidat de la Refondation, il faut concéder cette imposture à ceux qui y mettent leur foi. Tout en leur rappelant que Euro RSCG de Stéphane Fouks a été le conseiller en communication des personnalités politiques comme Lionel Jospin, ancien Premier ministre français, Abdou Diouf, ancien président du Sénégal et Ségolène Royal, candidate du Parti socialiste à la dernière élection présidentielle. Mais cela ne les a pas empêché d'être battus aux élections auxquelles elles se sont présentées. Confier sa campagne à un looser, il faut le faire. Par ailleurs, il importe de rappeler à tous ceux qui jubilent déjà devant ces chiffres plus que discutables que l'élection présidentielle se déroule sur deux tours. Pour espérer les remporter au premier tour, il faut obtenir au moins 51% des suffrages exprimés. Or selon le sondage que lui-même à commandité, Laurent Gbagbo n'a que 43%. Ce qui est loin du pourcentage exigé. Un deuxième tour dans ce cas lui sera fatal. Puisque les deux candidats du Rassemblement des Houphouëtistes pour le Développement et la Paix réunissent à eux seuls, selon le sondage en question, 55% des intentions de vote. Ce qui est largement suffisant pour gagner au deuxième tour. Laurent Gbagbo et ses maîtres communicateurs doivent encore retourner au laboratoire pour proposer quelque chose de mieux aux Ivoiriens que cette lamentable stratégie de communication.
Jean-Claude Coulibaly


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