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jeudi 11 juin 2009 par Nord-Sud

Le responsable à la communication de l'archevêché d'Abidjan, l'abbé Augustin Obrou, s'élève contre les excès et le libertinage sur les bordures de mer et propose la création d'une brigade des plages.


?Etes-vous informé des pratiques sexuelles auxquelles s'adonnent certains jeunes à la plage ?

Je sais que les jeunes posent des actes qui ne sont pas très bien. Pour être plus précis, je sais qu'il y a là-bas la dépravation des m?urs. Les gens y vont pour boire. Ils ne savent pas nager. Il y a des agressions, des palabres. Il y a même la prostitution, la drogue


?Vous êtes originaire de Bonoua, une localité qui se trouve dans la zone concernée. Comment ces pratiques sont-elles perçues par les populations ?

Ce que je puis dire, c'est que les responsables des plages sont un peu fatigués de ces jeunes qui viennent, qui sapent la moralité des villageois et de tous ceux qui sont là-bas, par leurs pratiques. Pour plusieurs raisons : d'abord, il y a beaucoup de décès, parce que la plupart de ceux qui viennent ne savent pas nager. Deuxième chose, après le départ de ces jeunes, on découvre des seringues, parce que certains sont venus avec de la drogue. Troisième chose, les jeunes se retrouvent là avec plein de condoms qu'on retrouve après leur départ. Ce qui veut dire qu'il y a eu des activités pas très bien. Ces gens vont pour avoir des rapports sexuels pratiquement à la plage, en plein journée, comme si c'étaient des animaux, des chiens. L'être humain doit respecter sa socialité.


?Il nous revient que les jeunes musulmans sont les plus concernés par ce fléau. Etes-vous du même avis ?

C'est toute la jeunesse. Notre jeunesse a perdu ses repères. C'est toute la société. Ce n'est pas une affaire de musulmans, de catholiques. C'est l'affaire d'une jeunesse qui ne maitrise pas sa libido. C'est la dépravation des m?urs. C'est toute la société qui est en déliquescence, et ça se ressent de plus en plus sur la jeunesse. La Bible dit qu'il faut respecter son corps. Il ne faut pas tomber dans la prostitution, l'alcoolisme, etc. Il faut être quelqu'un de sain dans le corps, dans l'esprit.


?De façon plus pratique que proposez-vous ?

C'est l'Etat qui doit gérer cela. Il doit créer une brigade spéciale qui va s'occuper de gérer la plage. Normalement, une plage comme la nôtre à Grand-Bassam, devrait être exploitée par l'Etat. Il devait y avoir des maitres-nageurs, des brigades. Il y a un déferlement massif des jeunes à la plage les week-ends. Il faut donc mettre une brigade pour la sécurité de ces personnes. La sécurité doit suivre les personnes. Quand on sait que le week-end approche, il faut envoyer une brigade là-bas. Une brigade d'abord pour éviter les noyades, et une ensuite pour assurer la sécurité, puis pour éviter les attentats à la pudeur.


?Les religieux n'ont-ils pas un rôle à jouer ?

C'est ce que nous faisons toujours. Que ce soit dans les mosquées ou dans les églises, on invite toujours les gens à vivre la pureté du corps, de l'esprit, de l'âme. Mais, quand ils arrivent dans ces endroits (plage), on ne sait plus s'ils sont chrétiens, ou musulmans. Mais, c'est la société qui offre cela. A l'Eglise catholique, déjà, les gens ne s'habillent plus bien. Nous sommes en train de prendre des mesures pour enrailler cela afin que les fidèles prennent conscience. On a donc commencé depuis, mais, on a l'impression que la société veut prendre le pas sur la morale. Il faut mettre le paquet, et c'est ce que nous sommes en train de faire.


Entretien réalisé par Cissé Sindou


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