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mercredi 19 novembre 2008 par Le Nouveau Réveil

Ambiance très électrique hier encore au palais de justice du Plateau. Les avocats, dans le litige qui les oppose au procureur de la République, ont manifesté pour réclamer plus de justice et de liberté. Mais cette fois-ci, à l'extérieur du palais, parce que le procureur a pris soin de faire fermer les portails au Barreau. C'est très tôt le matin aux environs de 6 heures que tout a commencé. Avant l'arrivée des avocats, deux pelotons impressionnants de la gendarmerie, armés jusqu'aux dents, ont pris position aux points stratégiques du palais. Me Mentenon et ses confrères, vu l'atmosphère, n'ont pas cherché à forcer le passage. Quand ils ont appris par les forces de l'ordre, prêts à attaquer que la décision est venue du procureur de la République, ils ont choisi de manifester juste à côté du temple de Thémis pour suivre de près l'évolution de la situation. En grand nombre, les avocats baillons blancs sur la bouche et bandeaux rouges autour de la tête ont fait des va-et-vient, pancartes en main, pour dénoncer les décisions de Tchimou Raymond et surtout, demander son départ. C'est donc dans cette ambiance délétère que vers 11 heures, sont arrivés des émissaires du Garde des sceaux, ministre de la Justice, conduits par son chef de cabinet M. K. Ibrahim. Ceux-ci, rejoints par Akoun Laurent, vont entreprendre rapidement des négociations avec les avocats représentés par l'ex-bâtonnier Tanoh Emmanuel et Me Sarassoro. Les émissaires du ministre de la justice avaient pour mission de convaincre les avocats à accepter de discuter avec le Garde des Sceaux Koné Mamadou installé pendant ce temps dans un bureau du parquet. Les discussions vont donc durer plus de cinq (5) heures d'horloge. Les avocats, quant à eux, ont continué de manifester et de dénoncer certains des leurs qui tentent de briser le mouvement en se proposant de rencontrer le Président de la République. Le bâtonnier les met en garde et demande à ses pairs de résister et d'aller jusqu'au bout de leur détermination. "Ce que nous faisons, c'est pour nos enfants de demain et pour tous les justiciables", a fait savoir Me Mentenon avant d'ajouter: Tchimou seul ne peut pas prendre sur lui la décision de fermer les portes du palais?. Entre-temps, les interlocuteurs des avocats et les émissaires du ministre consultent chacun de son côté son mandant en vue de la stratégie à arrêter. Les avocats, eux, acceptent le principe de la discussion. Seulement, ils exigent que les portes du palais leur soient d'abord ouvertes. Ce qui va être fait. Mais à quel prix ? Car, c'est finalement à 14 heures 40 minutes que le ministre de la Justice a, chose bizarre, pu obtenir du procureur cette requête. Naturellement, cela n'a pas été du goût des avocats qui du fait de la situation, sont restés sous la pluie mouillés jusqu'aux os. Le prix à payer certainement pour arracher, selon leurs propres expressions, la liberté. En fin de compte, le garde des Sceaux, ministre de la Justice a reçu le Bâtonnier avec qui il a échangé. Une autre rencontre est prévue ce jeudi. Mais en attendant, les avocats maintiennent leur position.
Djè KM
Photos: Patricia Ziahé


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