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jeudi 26 avril 2007 par Le Patriote

Trois instrumentistes. Trois cultures différentes. Mais, ils ont choisi d'unir leurs talents pour former le Trio Ivoire. Mardi soir, le pianiste allemand Hans Lüdemann, le batteur néerlandais Chandler Sardjoe et le balafoniste ivoirien Aly Kéita étaient sur la scène du Goethe Institut, situé à Cocody-Mermoz. Pour un concert qui marque le début d'une tournée africaine. Il est 19 h 45, quand la salle est archi-comble. Soudain, une voix tonne pour casser l'impatience du public. C'est celle de Mme Véréna Passig-Oulaï, Directrice générale du Goethe Institut. Merci d'être venu. On va faire maintenant le dialogue direct en musique, après celui de Ouaga, clame-t-elle, avec une bonne dose d'humour. Tonnerre d'applaudissements. 19 h 50 : le bouillant présentateur Soul Oulaï annonce le Trio Ivoire. Hans Lüdemann, Chandler Sardjoe et Aly Kéita font leur entrée sous des ovations nourries du public. Puis, commence le récital. Le Trio Ivoire égrène un premier morceau intitulé Turnin Points. Il enchaîne avec Double, Imizo. Hans Lüdemann régale les spectateurs avec son jeu subtil et précis. Ses doigts tapotent avec une déconcertante mobilité, le clavier de son piano. Entre-temps, le son mélodieux du balafon d'Aly Kéita s'incruste aux roulements cadencés de batterie de Chandler Sardjoe. C'est pratiquement l'extase dans la salle. Des spectateurs sont intenables. Dans les sièges, certains balancent le corps, d'autres remuent la tête. Entre deux compositions, Hans Lüdemann s'offre un speech : Nous sommes contents d'être ici. Nous sommes le Trio Ivoire parce que nous nous sommes rencontrés ici, révèle-t-il. Hans Lüdemann communie également, à travers des claquements de main, avec le public. La musique de Trio Ivoire séduit par sa singularité mélange de sons européens aux rythmes africains. Quand Hans Lüdemann et ses camarades entament Akiri, Aly Kéita enivre la salle avec son jeu voluptueux de la Sanza, célèbre instrument de musique porté au grand jour par Francis Bebey. 20 h 49 : Maï Lingani chanteuse d'origine burkinabé et N'Delé, avec son Galking Drums (petit tambour qu'on place sous les aisselles) rejoignent le Trio Ivoire. La jeune femme est visiblement intimidée. Mais, très vite, elle retrouve sa sérénité, embarque le public dans un périple au c?ur de chants mélodieux. Maï Lingani parcourt son répertoire : Boulgou (hommage aux ancêtres), Siladjan sont ventilés avec maestria. La salle est manifestement conquise, captivée. Avec Maï Lingani, Trio Ivoire rattache le jazz à l'Afrique dans un jeu subtil qui mêle habilement le jazz classique aux rythmes complexes africains. On se pâme d'admiration devant l'enthousiasme que Trio ivoire dégage sur scène. 21 h 27: dernières clameurs. Les décibels viennent de s'estomper. Merci infiniment d'être venus. C'est la première fois que nous jouons ici. J'espère que ça ne sera pas la dernière fois, remarque Hans Lüdemann. Lundi, Trio ivoire avait donné un concert privé tout aussi étincelant en la résidence de son Excellence Rolf Ulrich, ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne en Côte d'Ivoire. Après Abidjan, Trio Ivoire se rendra au Mozambique et en Afrique du Sud.


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