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mardi 10 juin 2008 par Fraternité Matin

La démarche du Gepci sera-t-elle payante ? Hier, au ministère de la Communication, en présence du président par intérim du Conseil national de la presse (CNP), Mathurin Yao Saki, du président de l'Olped, Zio Moussa, et d'un membre du Conseil du CNP, M. Nanihio Félix, les membres du Groupement, conduits par leur président, Denis Kah Zion, ont trouvé auprès du ministre une oreille attentive. Venus, en effet, en grand nombre pour ce rendez-vous de tous les espoirs, plaider pour un nouveau moratoire d'un mois, ils en sont sortis avec même une promesse de gouassou , un plus. Non sans avoir, eux- mêmes, par la voix de leur porte-parole, jugé légale la décision qui interdit de parution les journaux non en règle vis-à-vis de la loi. Le ministre s'est engagé à analyser leur doléance. Et tout porte à croire que la tutelle concédera 45 jours aux journaux en situation irrégulière, pour se mettre en conformité avec la loi en vigueur. 27 publications, à ce jour, sont concernées. Mais ils devront patienter un peu ; le temps pour le Conseil de rencontrer le Procureur de la République. Une rencontre qui est prévue, selon nos sources, pour ce matin. Au bout donc de cette proposition, seront examinés, au cas par cas, les récidivistes qui auront fait preuve, surtout de bonne volonté. Ce n'est pas un désaveu du CNP , a tenu cependant à leur signifier le ministre de tutelle. Au contraire, dans le dilemme dans lequel s'est trouvé le CNP, une position délicate, (Comment aider les journaux à se normaliser sans les étouffer ?), il fallait tenir compte du contexte et trouver une solution de sagesse, née d'un dialogue direct avec tous les concernés. Et surtout, comme le dit si bien M. Ibrahim Sy Savané, que la question des journaux suspendus ne s'enlise , ne soit dramatisée, ni exploitée, non plus . Parce que, pour lui, elle était soluble dans la concertation Si les textes ne suffisent pas, il faut l'intelligence collective pour avancer . Le plus important, c'est la plate-forme commune, l'accord général sur les objectifs de cette mesure demandée d'ailleurs par les éditeurs, réaffirmée au séminaire de Bassam ; à savoir, entre autres : que les journaux se conforment à la loi. Dans ce sens, les décisions du CNP, ajoutera-t-il, ne sont pas entachées d'illégalité. Encore moins d'un désir farouche d'en découdre avec les éditeurs ou d'assassiner les journaux : La régulation est menée en faveur des journaux et des journalistes . Seulement, il n'est pas question que ceux qui ne sont pas en règle aspirent la publicité, au détriment de ceux qui le sont. Dans un pays où tout le monde crée son journal, au mépris de la loi, le plus souvent par négligence aussi, il estime donc que l'instance de régulation, le CNP, a joué son rôle.
Plaidoirie du Gepci acceptée - peut-il en être autrement ? -, le ministre en profitera encore pour réitérer cet appel : que s'estompe le processus de délégitimation du CNP, les attaques contre son président, Eugène Dié Kacou. Car cela relève de l'autodafé . Réunion de l'espoir. Le GEPCI en est sorti en tout cas heureux, en ce qui concerne la proposition du ministre. Qui a tenu encore à préciser ceci : qu'on ne s'imagine pas qu'il va s'enfermer seul, dans son bureau, pour prendre une décision. Message entendu, M. Kah Zion, au nom de tous les éditeurs et du Bureau exécutif du Gepci, a fait la promesse ferme de faire respecter ce dernier délai, s'il venait à être accepté.
Il faut le rappeler, à la suite du communiqué du CNP du 18 avril 2008 de retirer du marché les publications illégales à compter du 2 mai, après avoir consenti sur plaidoyer des mis en cause, à proroger ce délai d'un mois , le 2 juin, le CNP, après quatre ans de sensibilisation et de vulgarisation des textes de l'article 12 de la loi numéro 2004-643 du 14 décembre 2004, portant régime juridique de la presse, a décidé d'appliquer la loi. Suspendre de parution tous les journaux qui ne sont pas légaux. Mercredi, si le Proviseur venait à entériner la proposition du ministre, les 27 journaux restants pourraient être sur le marché.




Michel Koffi


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