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mercredi 20 février 2008 par 24 Heures

Les résidents de Biétry, rue du Canal, vivent l'enfer, en raison de la proximité de leurs habitations avec une usine dénommée Ivoirienne de technologie et d'énergie (ITE). Selon les habitants, les produits de rejet de cette usine a des répercussions mortelles sur les animaux aussi bien que sur les humains.

Déchets toxiques ? Odeur pestilentielle, décès des animaux et des hommes Les émanations de gaz et les rejets des produits chimiques de l'usine dite Ivoirienne de technologie et d'énergie (ITE) ont de fâcheuses répercussions sur la vie des résidents de Biétry, rue du Canal.
Le constat est plutôt effroyable : c'est dans les canaux d'évacuation situés devant les portes des habitations que transite le produit liquide, noirâtre et malodorant qui pollue l'air et la vie des résidents.
Ces derniers, mus par l'instinct de survie, ont multiplié les appels au secours en vain.
Depuis le président de la République jusqu'aux Religieux (Mgr Agré, l'Imam de la mosquée de la Zone 4) en passant par le Premier ministre, le ministre de l'Environnement Le statu quo a prévalu.
Pourtant, toutes ces personnalités ont été dûment informées de l'état de dégradation avancée de l'environnement dans le secteur.
Et le procès-verbal de constat fait par Me Akoupo Lokonan, Huissier de justice près la Cour d'appel et le Tribunal de Première instance, requis par le collectif des résidents de Biétry, est trop précis : Que l'installation de la société Ivoirienne de technologie et d'énergie (ITE), à l'entrée de la Cité, cause aux résidents d'énormes désagréments.
Qu'en effet, les activités de l'usine ITE polluent toute la Cité en dégageant des odeurs nauséabondes qui parviennent dans les salles de séjour, cuisines, chambres à coucher, WC et douches.
Que des hommes et des animaux ont succombé.
Que les odeurs nauséabondes et la pollution de la Cité proviennent du caniveau où les eaux de traitement des produits chimiques sont déversées ainsi que la pollution de l'air lorsque l'usine est en marche , a-t-on pu lire dans le document.
Ce constat sera confirmé le 24-07-07 par un courrier du commissaire de police de 31e arrondissement de Zone 04C-Pergola, Mamadou Chérif, au Préfet de police d'Abidjan.
ITE est spécialisée dans la collecte, le groupage et le traitement d'hydrocarbures récupérés à bord des navires.
La pollution de leur environnement créée par les produits ainsi traités par l'usine a entraîné de nombreux dégâts, notamment des maladies (palpitations, cécité, diabète) et des morts, aussi bien chez les animaux (chien) que chez les hommes.
Une vieille dame, sa fille et sa servante en sont déjà décédées.
A partir de 18 heures, ils sont obligés d'arrêter leurs climatiseurs et ont des difficultés de respiration.
En conséquence, ils exigent la délocalisation pure et simple de cette entité industrielle .
Les services techniques de la mairie de Marcory, de même que les services compétents de la Société de distribution d'eau en Côte d'Ivoire (Sodeci) s'inscriront dans cette logique.
Dans un courrier adressé au comité des résidents, le Directeur général adjoint de la Sodeci, Basile Bah, écrit ceci : suite à votre requête du 02 mai 2006, concernant l'affaire suscitée, nous avons l'honneur de vous informer qu'après analyse des rejets d'eaux usées de l'entreprise ITE, nous avons demandé à cette entreprise de surseoir à tout raccordement au réseau d'égout public et de s'orienter vers des installations autonomes de traitement des eaux usées industrielles .
Et d'ajouter : les effluents en sortie de cette usine ne respectent pas les conditions de rejet dans le réseau public .
Et la police de donner davantage de détails sur les souffrances des résidents et la négligence de ITE.
Notre constat sur les lieux nous a permis de voir que l'atmosphère est réellement polluée, du fait des odeurs pestilentielles même dans les bureaux climatisés.
Par ailleurs, il s'agit bel et bien de produits toxiques, étant établi qu'il est question d'hydrocarbures et combustibles curés dans les navires ; de surcroît, aucun aménagement n'a été réalisé par l'usine pour l'écoulement des déchets des produits traités (ce qui serait en projet, selon les responsables de l'usine).
En outre, les canalisations du quartier sont insuffisantes et inadaptées .
Face à la gravité de la situation, la mairie de Marcory décide de prendre le taureau par les cornes.
En effet, dans un courrier aux références suivantes : N°324/MM/SG-DMGST/BB/DEB le maire, M.
Marcellin Akanda Assi, demande à ITE de délocaliser ses activités.
Après le constat de pollution de l'atmosphère par mes services techniques et d'autres structures compétentes en la matière, qui n'ont cessé de porter plainte à travers plusieurs pétitions, et vu les désagréments causés par votre société ITE, (), nous vous demandons de bien vouloir délocaliser votre structure dans les plus brefs délais, à compter de ce jour, jour jusqu'au 30 novembre 2007 , a-t-il menacé, non sans avertir que passé ce délai, les services municipaux procèderont à la fermeture pure et simple de votre établissement à vos frais .
Le maire, habité par des sentiments humanistes, a jugé même utile de conscientiser les responsables de ITE.
Les populations vivront dans un cadre malsain, nous voulons éviter les maladies d'ordre chimique et les causes à long terme.
Sachant que vous êtes conscients de l'amertume que vivent les riverains, nous vous prions de prendre toutes les dispositions utiles, afin d'éviter des désagréments sur le terrain .
Mais contre toute attente, le premier magistrat de Marcory va revenir sur sa décision.
Coup de théâtre ! A quelques jours de l'échéance, Akanda Assi se dédit, fait marche-arrière.
Il arrête la procédure de délocalisation et la remplace par une autorisation d'effectuer des travaux d'assainissement des eaux usées?.
Dès lors, question : entre la notification de délocalisation et l'autorisation, quelle alchimie a bien pu se produire ? Pourquoi le maire a-t-il renoncé à la décision, à la première décision ? Mystère et boule de gomme.
A la vérité, cette question doit pouvoir être posée, en d'autres termes à toutes ces personnalités auxquelles le collectif des résidents a demandé une aide pour les désagréments causés par les activités de l'usine ITE.
Bien entendu, à l'exception du Premier ministre d'alors, Jean Konan Banny, dont le directeur de cabinet, M.
Jean Claude Kouassi, a déclaré, par retour de courrier avec les références 0952/PM/CAB/DC/CTE, que votre requête a été transmise au ministre de l'Environnement pour compétence .
Lassina Kéita _______________________________________________________ Encadré.
Le silence de ITE.
ITE utilise-t-elle effectivement des produits toxiques ? Ne respecte-t-elle pas les règles minima en matière de protection de l'environnement ? ITE paie-t-elle des dessous de table à certaines autorités pour continuer à polluer l'atmosphère des résidents ? ITE a-t-elle décidé de racheter les résidences des habitants ? Ce sont la autant de questions et bien d'autres encore qui sont pour l'heure sans réponse.
La raison ? L'indisponibilité du DGH de la société.
En effet, nous nous sommes rendus sur les sites de traitement des hydrocarbures.
Là, M.
Achille Nguetta, qui nous a reçu en compagnie de certains de ses collègues, a expliqué que le DG était en mission et qu'il serait de retour ce mardi (aujourd'hui donc) et pourrait alors apporter sa part de vérité.
Malheureusement, M.
Nguetta que nous avons joint dès 8 heures a déclaré : Le DG n'est pas encore arrivé.
Je vais voir s'il y a un intérimaire qui peut nous parler.
Je vous rappellerai l'après-midi () .
Mais nous attendons toujours en vain cet appel.
L.
K


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