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vendredi 15 février 2008 par Le Repère

Il y a un peu plus de trois ans, soit en février 2005, quelque part à l'Hôtel Ivoire, Charles Blé Goudé, président de l'Alliance patriotique confiait à un de ses amis qu'il entendait par cette lutte qu'il mène préparer son avenir et celui de sa génération. Il disait qu'il ne luttait pas pour le régime actuel de Gbagbo Laurent, mais pour les jeunes de sa génération. Politique politicienne ou réalité ? Trois ans après, et surtout au moment où les pires ennemis d'hier sont devenus des amis et alliés qui dorment dans le même lit, la lecture de ces propos se fait avec beaucoup de froid. Pour qui Charles Blé Goudé a-t-il travaillé depuis les années 1990, de la FESCI aux jeunes patriotes ? Il a dit lui-même que le pouvoir se gère par génération. Il dit ne pas avoir lutté pour Gbagbo. On retiendra donc qu'il prépare le pouvoir de sa génération. Et comme en politique, il n'y a pas de génération spontanée, on comprend aisément que la lutte du FPI à travers la FESCI et les "patriotes" n'est qu'un tremplin. Autant le FPI se sert de lui pour assouvir ses desseins, autant il se sert du FPI pour se tailler une carrure politique. C'est du reste ce qu'ont compris aujourd'hui certains barrons du régime de Gbagbo qui prennent ombrage du jeune loup. La galaxie patriotique n'est plus vue comme une béquille du régime, mais comme un prédateur dont tous les ambitieux de l'après Gbagbo doivent se méfier. Certains font mieux, ils la combattent. Dans la logique de la lutte de l'après Gbagbo, Blé Goudé et son alliance patriotique deviennent des antagonistes non négligeables. Les jeunes ont grandi. Leurs ambitions aussi. Leurs moyens suivent. A l'ombre des maîtres d'hier, Blé Goudé, Djué Kouadio, Dibopieu Yves, Koffi Bi SergeOnt beaucoup appris. Ils ont assimilé les intrigues politiciennes, le langage politique, la ruse et surtout les jeux de coudes. Ils pourraient aujourd'hui prétendre se lancer dans une quelconque course au pouvoir que personne ne les empêcherait. Le mois dernier, des voix se son élevées dans la galaxie patriotique pour exprimer leur disponibilité à présenter leurs candidats aux différentes élections à venir (bien entendu en dehors de la présidentielle). Cette déclaration qui est loin d'être une boutade sera l'illustration parfaite de la détermination de ces jeunes d'hier à se hisser au pouvoir. Car, c'est bien dans les rangs du FPI que l'on disait dans les années 90 que le pouvoir ne se donne pas, mais il s'arrache. Ces jeunes sont-ils parés à arracher le pouvoir ? Tout porte à le croire. Ils ont les moyens financiers, ils ont les hommes et la base, ils ont pour certains des armées de miliciens, ils ont la hargne. Ils n'ont plus qu'à le vouloir. C'est ce qui fait peur justement.
Soro Guillaume, un ami de leur génération a vite pris ses distances vis-à-vis des maîtres qu'il a affronté un temps avant de les transformer en interlocuteurs puis en alliés. Avec qui il traite depuis, d'égal à égal. Avec qui il partage le pouvoir. Sa démarche lui a valu le courou de ses amis de la FESCI d'hier, mais sa réussite est désormais ressentie comme une gifle. Mais aussi comme un exemple. A défaut de faire maintenant comme lui, pourquoi ne pas repartir vers lui pour ensemble retracer les canaux de la prise réelle du pouvoir. Ouaga est le bienvenue, qui remet ensemble le bloc d'hier. Mais cette fois-ci, il y a de fortes chances, qu'au-delà de la grande rethorique politicienne des grands jours, l'on prêche pour sa propre chapelle. Soro aussi a dit lutter pour le peuple ivoirien, mais surtout pour les générations de demain. Les raisons de ces combats sont les mêmes, la fougue est la même, les chemins se retrouvent. La charte est là. Le pouvoir ne se donne pas.

Eddy PEHE


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