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lundi 11 février 2008 par Fraternité Matin

Le mot n`est pas fort. Les Eléphants ont connu une fin de parcours catastrophique dans la 26ème édition de la Coupe d`Afrique des nations. Après avoir perdu ses illusions de remporter le trophée en demi-finale face à son homologue de l`Egypte (1-4), la sélection de Côte d`Ivoire se devait de triompher du Ghana en match de classement pour atténuer la douleur de nombreux Ivoiriens. Qui croyaient dur comme fer en elle. Hélas! Ce ne fut pas le cas. Samedi, au stade Baba Yara de Kumasi, Didier Drogba et ses coéquipiers, ont sombré, rendu les armes notamment dans les 45 dernières minutes. Pour l`ultime bataille, Gérard Gili avait profondément remanié son équipe. Dans les perches, Koné Tiassé faisait son baptême du feu. En défense, Zoro a effectué son retour aux côtés de Zokora Didier. Quand Tiéné Siaka et Boka Arthur animaient les côtés droit et gauche. Dans le secteur médian, Faé Emerse et N`dri Romaric ont été préférés à Yaya Gnégnéry et Zokora (descendu au poste de libero). Kader Kéita et Kalunho ont été confirmés à leurs postes de milieu droit et gauche. Enfin, en attaque, Gili a opté pour la paire Didier Drogba-Sanogo Boubacar. Après avoir été cueillis à froid sur un coup franc magistral de Sulley Muntari, les Eléphants n`ont pas paniqué. Ils se sont réorganisés en occupant presque tous les espaces. A l`image de Kader Kéita et Salomon Kalou, percutants sur les ailes. C`est justement Kader qui a offert le but égalisateur à Sanogo Boubacar (23e). Auparavant, Kalunho, sur un beau service de Drogba, a perdu son duel face au gardien ghanéen, Kingson Richard (5e). Malgré la présence de Michaël Essien et Sulley Muntari, l`entre-jeu est dominé par les Ivoiriens. En défense, Zoro et Maestro ont muselé le puissant Junior Manuel Agogo et le remuant Draman Haminu. Submergés, les Ghanéens ont encaissé un deuxième but (1-2). Une réalisation pleine d`opportunisme du même Sanogo qui aurait pu corser l`addition si la barre transversale n`avait pas sauvé le portier Kingson. Sur leur lancée, les Eléphants méritaient un penalty si l`arbitre Damon Jérôme (Sud-Afrique) avait pris le courage de sanctionner une faute flagrante sur Kalunho, dans la surface de réparation des Black-Stars. "Nous aurions pu prendre deux ou trois autres buts supplémentaires si Dieu n`était pas avec nous", reconnaît Hervé Renard, coach adjoint du Ghana. De retour des vestiaires, la Côte d`Ivoire, à la surprise générale, a perdu ses repères et a renoncé au combat surtout dans l`entre-jeu où Ndri Romaric a perdu beaucoup de ballons. Sur le côté droit de la défense, Chico était aux abois. Après 60 mn de jeu, le coach Gili a commis l`erreur de faire sortir Kader (le joueur le plus en vue et qui a été désigné l`homme du match)) au lieu de Ndri Romaric (qui multipliait les mauvaises passes). "Quand Kader est sorti, nos latéraux sont montés pour créer le surnombre", fait remarquer Essien, le stratège des Black-Stars. Par son charisme et son expérience, par la force de sa voix et de ses gestes, Essien, aidé dans sa tâche par Owusu Abeyie, a rééquilibré et canalisé toutes les forces collectives des Black Stars. La Côte d`Ivoire est alors sans âme. Laissant l`adversaire diriger la man?uvre. Comme ce but égalisateur d`Owusu qui s`est permis de traverser tout le camp ivoirien pour égaliser (70e). Les Ivoiriens ayant perdu de leur sérénité dans tous les compartiments, ont encaissé deux autres buts (?uvres de Manuel Agogo et de Draman Haminu). Malgré l`entrée de Gervinho et d`Aruna en lieux et places de Kalunho et de Faé, les Ivoiriens sont restés ridicules en seconde période. "Notre mot d`ordre, c`était la fierté de jouer chez nous et de ne pas être ridicules. Les joueurs ont compris et ont mis le c?ur à l`ouvrage. Pour se motiver, ce n`était pas facile. Mais, étant chez nous, nous étions obligés de sortir la tête haute. C`était une question d`envie et nos poulains ont eu cette envie en allant chercher cette victoire au fond d`eux-mêmes", a expliqué avec fierté l`adjoint de Claude Le Roy. Les Black Stars ont sauvé leur Can et soigné leur image. Tout le contraire dans le camp ivoirien. Encaisser huit buts en deux matches, il faut s`appeler Eléphants pour le faire.
Ils ont dit
Marc Zoro (défenseur) : "L`équipe a été naïve"
"J`éprouve beaucoup de regrets dans la mesure où en première mi-temps nous ratons une pléiade d`occasions nettes de but ; et au finish l`adversaire se ressaisit pour nous battre 4-2.
Je pense que l`équipe s`est montrée naïve dans cette partie. En ce qui concerne ma prestation, je laisse la presse et les autres observateurs l`apprécier. Seulement j`aurais souhaité être souvent titulaire dans cette compétition. Mais c`est le choix de l`entraîneur qui prime. Il a ses raisons et je ne m`en plains pas. Au fur à mesure que les années passent, l`équipe nationale regorge de bons joueurs. Il faut donc croire en l`avenir. Pour ce qui est du gardien de but, je pense qu`il a été trahi par le rebond sur le quatrième but. Cela arrive à tout joueur. Il faut plutôt l`encourager que de le brimer. Tiassé était à sa première sortie. Ce n`était pas facile. Mais cette défaite devant le Ghana est collective. Le Ghana, jouant à domicile, avait plus de motivation. Son peuple était là et l`a poussé à arracher cette troisième place "
Michael Essien (Ghana) : "C`était une question d'honneur?
Nous terminons en beauté la compétition après avoir raté de peu la qualification pour la finale. On s`est réconciliés avec notre public qui ne s`est pas découragé et est venu nombreux pour nous soutenir. En première période, la Côte d`Ivoire tenait le bon bout et aurait pu inscrire plus de deux buts. En seconde période, nous nous sommes ressaisis et le c?ur à l`ouvrage, nous avons pu faire la différence. Il n`était pas question pour nous de perdre la troisième place. C`était une question d`honneur. Je félicite l`équipe ivoirienne qui, dans l`ensemble, a réussi un bon tournoi. J`ai apprécié l`esprit fair-play qui a animé les deux équipes. A la place de l`entraîneur ivoirien, je n`aurais pas fait sortir Kader Kéita (rires). Mais quand il a été remplacé, nos latéraux sont montés pour créer le surnombre".
Envoyé Spécial au Ghana
Jean-Baptiste Behi
Le point : Le tango, ça finit par lasser
Cinq matches. Trois victoires prometteuses. Deux défaites très humiliantes. Huit buts encaissés en 180 minutes lors des deux dernières rencontres. L'équipe nationale a pris l'eau de toutes parts au terme de la CAN 2008. Tout a commencé jeudi dernier. Le Onze national endeuille la Côte d'Ivoire. Il vient de se faire éliminer au moment où personne ne s'y attendait. Par une équipe égyptienne réaliste, sans stars internationales. Les déclarations d'avant-match des nôtres Désormais, rien ne peut nous arrêter, on vient avec la coupe n'ont pas suffi. Encore moins la grande mobilisation des supporters partis, au Ghana pour la plupart, à leurs propres frais. La déception est grande chez les Ivoiriens. Et comme pour faire davantage mal à un peuple tout entier, le Ghana gagne la petite finale, samedi après-midi face à la Côte d'Ivoire. Ce naufrage collectif a bouleversé beaucoup de choses. Les convois terrestres ou aériens, annoncés à grands coups médiatiques (insertions payantes, bien sûr) sont devenus caducs. Que dire des messages de félicitation et d'encouragement qui ne cessaient de parvenir aux rédactions des journaux avant la rencontre Egypte-Côte d'Ivoire? Le pays tout entier s'est senti humilié. Y compris ses dirigeants. Leçons à tirer de cette débâcle? Nos Eléphants ne doivent pas être les seuls à pouvoir nous donner de la joie. En effet, tout le pays a encore en mémoire leur prestation à Bouaké, après le Mondial 2006. Où ils ont joué pleinement leur partition dans le processus de réconciliation nationale. Les décideurs doivent désormais comprendre que la douleur et la frustration qu'ils ont ressenties au même titre que le citoyen ordinaire, en fin de semaine, sont aussi fortes que la souffrance qu'endure la population depuis septembre 2002. Ne pas s'arc-bouter au fétichisme des dates dans la réalisation du processus de sortie de crise ou vouloir justifier, coûte que coûte, l'enrichissement illicite sont entre autres, des éléments qui font désespérer les Ivoiriens quant à leur avenir. De Marcoussis à Ouagadougou, en passant par Lomé, Accra (deux fois) et l'Afrique du Sud, le parcours a été long. Les souffrances des populations aussi. Surtout que la guerre, que tout le monde condamne, n'a pas fait seulement que des malheureux. Comme le chantent si bien les jeunes chantres du Zouglou, les maisons ont bien poussé partout à Abidjan. Malgré la guerre. A Bouaké aussi, des jeunes, qui ont participé à plusieurs combats avec les Forces nouvelles se sentent trahis quand ils voient le train de vie de certains de leurs amis qui ont eu la chance d'intégrer un cabinet ministériel à Abidjan.
L'Accord de Ouaga doit être le dernier arrangement. Pour que cesse le tango auquel nous convient les Eléphants (sportifs, politiques) de Côte d'Ivoire. Le rythme à deux temps finit toujours par lasser ceux à qui on l'impose. Surtout quand on est dedans depuis 2002.
Doua gouly



Le fait : Yaya Touré dans l'équipe type



La CAF a publié les onze meilleurs joueurs de la CAN 2008. L`équipe type de la CAN. Il est à noter que ce sont les Pharaons d`Egypte qui ont le grand nombre d`éléments (cinq joueurs) dans cette équipe. Le poste de gardien de but revient à Al Hadary (Egypte). Quand ses coéquipiers, le défenseur Wael Gomaa, les milieux Abu Treika et Hosny, et l`attaquant Amr Zaky donnent aux Pharaons d`Egypte un bon quota. Ensuite viennent le Ghana et le Cameroun qui ont chacun deux joueurs. Pour les Black Stars Sulley Muntari et Michael Essien. Les Lions Indomptables de cette équipe sont Geremi N`Jitap et Alexandre Song. La Côte d`Ivoire est représentée par Touré Yaya Gnegneri, considéré comme l`une des révélations de ce tournoi. Même situation pour l`attaquant angolais Manucho qui a réussi à conquérir le c?ur des recruteurs internationaux. Outre ce onze type, il y a le groupe des réservistes où figurent deux Eléphants : Didier Drogba et Kéita Kader. Le Camerounais Stefan M`Bia, le Tunisien Frej Saber, le Ghanéen Richard Kingson et les Egyptiens Fathy et Said sont les autres suppléants du onze type de la CAN 2008.


Adam Khalil
envoyé spécial à Accra


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