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samedi 12 janvier 2008 par Le Nouveau Réveil

En visite dans son pays, M. Brisoa Kouassi nous a rendu visite à notre rédaction. A cette occasion, il a donné ses impressions sur l'évolution politique de la Côte d'Ivoire et sur la santé du PDCI dans sa délégation de Washington DC.

M. Brisoa Kouassi, vous êtes le délégué général PDCI de Washington DC. Quels sont les activités que vous avez eu à tenir? Et qu'est-ce qui explique ce regain de vitalité ?
Washington est la capitale politique des Etats-Unis. Et même du monde. C'est le haut lieu de la démocratie. Dès lors que nous avons constaté l'apaisement en Côte d'Ivoire, nous avons remobilisé nos militants. Chez nous au PDCI, il n'est pas question de prendre les armes, mais plutôt d'aller aux élections. Et aller aux élections, c'est préparer ses militants d'abord à être galvanisés et ensuite se faire recenser, avoir les pièces requises. Nous nous organisons pour que nos militants aient leurs cartes consulaires. En tout cas les récentes sorties du président Bédié à Dabou et à Koumassi ont été perçues comme un signal fort.

Vous effectuez donc un travail de sensibilisation pour tenir vos militants prêts pour les échéances capitales à venir ?
Chez nous on dit qu'il faut labourer son champ s'il ne pleut pas. S'il pleut Dieu merci. Chez nous on dit aussi quand le ciel s'est assombri qu'il ne pleut pas, la terre ne devrait pas en avoir honte. Donc il faut être prêt. Mais cela ne s'applique pas seulement en politique. A la jeunesse ivoirienne, je lui demande de se mettre au travail. Même si le pays traverse des difficultés, elle doit se mettre au travail. Il faut labourer les champs, parce que le jour où il va pleuvoir c'est ceux qui auront labouré leurs champs qui pourront récolter quelque chose. Il ne faut pas faire comme la jeunesse que nous voyons. Revenons au recensement. Je peux dire que nous avons déjà fait un recensement général au niveau du PDCI. Il est maintenant question de le réactualiser.

Quels sentiments avez-vous ressentis quand vous êtes descendu de l'avion, et que vous avez trouvé la Côte d'Ivoire dans cet état ?
La Côte d'Ivoire aux Etats Unis a perdu son image d'antan. Quand on regarde la Côte d'Ivoire de l'extérieur, c'est un pays sans état de droit, c'est un pays où on a promis de ne pas emprisonner les journalistes alors qu'on les tuent. Les enquêtes n'ont jamais abouti, or, l'homme blanc, ce qu'il respecte, c'est le droit. Alors que l'Africain préfère adorer son fétiche mais ne jamais respecter la loi. De l'extérieur on constate que la Côte d'Ivoire n'est pas un Etat de droit. Donc, vous ne verrez pas un Américain enthousiaste vouloir investir en Côte d'Ivoire. Moi, quand je suis arrivé, j'ai été choqué par les ordures. Un pays qui ne peut pas gérer ses poubelles est foutu. Voulez-vous qu'on aille chercher les Européens pour le faire ? L'année 2008 a été classifiée par les grandes institutions comme l'année de la sanitation. On ne parle même pas d'un problème environnemental. Mais les simples poubelles. La ville d'Abidjan ne ressemble à rien. Abidjan dont le Président Bédié a rêvé. Abidjan est devenu l'une des villes les plus sales de la planète. Allez-y au Ghana, vous verrez que là-bas, vous ne pouvez pas jeter du plastic sans que quelqu'un vous demande de le ramasser. Alors qu'Abidjan est abandonné, on a l'impression que les autorités ont démissionné. J'ai laissé des frères depuis près de 20 ans et ceux-là n'ont jamais travaillé. C'est un crime. Cette jeunesse-là est utilisée à autre chose. La FESCI par exemple ici empêche les autres d'aller à l'école. C'est anti-démocratique. Moi, j'ai travaillé plus de 15 ans dans les universités. La grève est interdite dans les universités. D'ailleurs aux Etats Unis, quand vos parents ont fini de payer 40.000 dollars, c'est-à-dire 20 millions de Fcfa, pour vos études, vous n'avez pas le temps de faire du tapage. Mais le tapage a lieu chez nous parce que les jeunes sont dés?uvrés, sans repère, sans idéal.

Cela n'est-il pas dû à l'incompétence des dirigeants qui remettent tout sur le compte de la guerre ?
Il ne faut pas se voiler la face, la FESCI, c'est le pur produit du FPI. Je me souviens, quand nous étions au collège il y avait le MEECI dirigé par M. Djédjé Mady. Lors de sa thèse, il a glané tous les prix. Et nous étions tous très fiers de lui : c'est cela que la jeunesse doit avoir en idéal. C'étaient des grands frères qui, non seulement, faisaient le MEECI, mais qui étaient assidus au travail. Aux Etats-Unis, des personnes comme Martin Lutter King ont leurs discours encore étudiés dans les universités. Ça, c'est les grands hommes. Mais des gens comme les Blé Goudé qui disent "qu'à chaque Ivoirien son blanc !", c'est haineux, c'est xénophobe et ça ne fait pas honneur à la Côte d'Ivoire. Et c'est ceux-là qui sont sur les antennes nationales. Voilà quelqu'un qui n'a même pas fini ses études et c'est ceux-là qui sont récompensés, et c'est ceux-là qui doivent servir d'exemple à la jeunesse. Je dis que c'est dommage !

Pour vous, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo célèbre la médiocrité ?
Mais, quand vous regardez partout, c'est la médiocrité. Ceux, qui n'ont pas pu tenir à l'université, roulent carrosse à Abidjan. C'est eux qui ont des files de voitures. C'est eux qui ont l'argent. Et j'ai même appris que Blé Goudé a des stations ici et là.

Pensez-vous que, face à la misère que vivent les Ivoiriens, ils peuvent attendre encore longtemps pour aller aux élections ?
Je suis même surpris de la patience des Ivoiriens. Je ne sais pas comment ils peuvent accepter de vivre dans une situation pareille. Quand je reprends la Côte d'Ivoire 20 ans en arrière, il y avait beaucoup d'espoir. Et le président Gbagbo, quand il était étudiant, l'a reconnu aux Etats-Unis : quand on vit, on doit remettre à la génération qui vient plus qu'on a reçu. Mais en Côte d'Ivoire, c'est le contraire. Je suis surpris de voir ici, dans cette misère, des voitures de luxes circuler à Abidjan. Ça, c'est une autre guerre contre la grande masse qui souffre. D'ailleurs, il n'y a plus de routes à Abidjan, je ne sais pas pourquoi ils achètent toutes ces voitures. C'est plus qu'énervant. Dans un pays comme les Etats-Unis, vous pouvez être balayeur de rue et conduire une Mercedes, ce n'est pas choquant. Mais, en Côte d'Ivoire où des gens ont du mal à avoir deux (02) repas par jour et, d'autres roulent carrosse, c'est énervant. J'espère que les Ivoiriens comprendront. Même si les gens n'ont pas d'armes, je demande à la jeunesse ivoirienne qui a une voix, de faire barrage à cela. Parce que les vrais perdants c'est elle. Et je dis à cette jeunesse qu'il y a autre chose que ce qu'on lui montre ici. On parle de la mondialisation. Si les jeunes Ivoiriens ne se réveillent pas, ils seront surpris. C'est les intellectuels des pays voisins qui viendront prendre les emplois ici et, ils ne pourront rien contre cela. Que les jeunes Ivoiriens ouvrent les yeux et prennent leur destin en main. Je suis sûr que le PDCI a quelque chose à proposer. Voilà un parti qui a prôné la paix, qui a construit la Côte d'Ivoire. A l'époque quand on passait les concours internationaux, les Ivoiriens étaient les premiers. Aujourd'hui, les Ivoiriens ont peur d'aller dans leurs universités parce qu'il y a des machettes. Est-ce cela, l'idéal ? Chaque jeune doit se poser la question.

Selon vous, le président Bédié incarne cet avenir de la jeunesse ivoirienne
Justement, le président Bédié incarne cet avenir. Quand il y a eu le coup d'Etat de 99, j'ai fait 4 jours sans manger. Vous savez, s'il n'y avait pas eu ce coup d'Etat, en 2000, tous les crédits auraient été épongés. Les projets étaient lancés. Quand j'ai vu des Ivoiriens danser pour le coup d'Etat de 99, j'ai pleuré parce que je me suis dit : voilà des gens qui n'ont pas compris. Vous ne pouvez pas faire un coup d'Etat et par miracle avoir la prospérité financière. Aujourd'hui, l'histoire a donné raison au président Bédié. Il n'y à qu'a le reconduire et tout ira comme sur des roulettes. Les plans sont là, les programmes sont déjà là. Voilà quelqu'un qui a un plan pour la Côte d'Ivoire. Quand on dit, "Le progrès pour tous, le bonheur pour chacun", ce n'est pas un vain slogan. Chacun s'y retrouve. Je demande aux jeunes de relire les discours du président Bédié à Dabou et à Koumassi. Si le président Bédié revient au pouvoir, c'est pour la jeunesse. Si le président Houphouët, ce grand homme, ce génie politique à qui tout le monde cherche à ressembler, même ceux qui l'on combattu, a choisi le président Bédié, c'est que c'est le choix qu'il faut. Nous prions pour que Dieu le garde et qu'il mène à bien son projet "Le progrès pour tous et le bonheur pour chacun". Le président Gbagbo nous a dit qu'il n'a pas d'argent. Je ne comprends pas pourquoi il distribue l'argent. L'argent du pétrole, l'argent du cacao, on ne sait pas comment il est utilisé.

Interview réalisée par Akwaba Saint Clair


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