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lundi 5 novembre 2007 par Le Nouveau Réveil

L'accord de Ouagadougou est-il le vrai remède pour libérer la Côte d'Ivoire de sa crise ? Sept (7) mois après la signature de cet accord qui a fait rêver (comme tous les accords d'ailleurs), le bilan semble très mitigé, il n'est pas à la mesure des attentes.
On est passé, du coup, de l'espoir au doute, au questionnement, voire à la déception. Le Premier ministre Guillaume Soro qui a failli perdre la vie dans le terrible attentat du 29 juin dernier à cause de sa détermination à appliquer ce compromis politique semble être pris entre 7 feux La première difficulté pour le chef du gouvernement de transition provient sans aucun doute de son propre camp. Précisément de l'aile politique dure des Forces nouvelles et des FAFN. En effet les prises de position et l'activisme de certains collaborateurs de Guillaume Soro déteignent négativement sur l'image et l'action du dépositaire de l'accord de Ouaga. La semaine dernière, c'est le porte-parole du Premier ministre Méïté Sindou qui s'illustrait dans des déclarations qui ont provoqué choc et émoi au sein de l'opinion publique. Au mépris des interpellations incessantes et des appels pressants de la communauté internationale invitant les protagonistes de la crise à accélérer le processus de sortie de crise, Méïté Sindou ne va pas user de la langue de bois pour faire comprendre que " si la transition en cours doit durer 6 ans, elle durera 6 ans ".
Le lendemain, il enfonçait le clou sur les ondes de l'ONUCI-FM en nous rappelant tout simplement qu'" il était tout à fait irréaliste de croire que le désarmement se fera avant les élections ". Ces différentes déclarations rendent-elles vraiment service au Premier ministre ?
Autour de ce dernier il y a du beau monde, chacun est animé par le souci de faire son travail et certainement de bien le faire. Mais il n'est pas rare de voir que dans cette quête, beaucoup ratent le coach. Mais plus grave, certains membres du dernier cercle de collaborateurs du Premier ministre, donc les plus influents sont parfois cités dans des affaires pas très jolies à regarder. C'est eux qui pousseraient Soro à se jeter dans les bras de Gbagbo. Ils ont été particulièrement actifs dans l'arrivée de Soro à la Primature. C'est encore eux qui manoeuvrent pour amener Soro à remanier son gouvernement en l'état actuel des choses. Pour quels objectifs ? Régler à l'opposition ses comptes ? On se perd en conjectures. Mais sur le terrain, il y a les forces armées des Forces nouvelles (FAFN). Qui attendent ce que les patrons d'Abidjan leur diront à propos du désarmement.
Il est de notoriété que certains soldats ex-rebelles ne désiraient pas voir leur chef accéder à la Primature parce que cette fonction risquait d'user son autorité et affaiblirait le mouvement devant Gbagbo. Le second foyer est le G7. Subjectivement vivant, objectivement mort. Les partis politiques membres du G7 ne se font pas encore entendre certes, mais il est permis de croire que ce n'est pas parce qu'ils n'ont rien à dire face à ce qui se passe, à la lenteur du processus de paix. Guillaume Soro et ses alliés du G7 se parlent-ils encore, se concertent-ils encore sur quelques sujets de l'actualité politiques ? Combien de fois se téléphonent-ils par semaine, par mois ?
Les leaders du G7 partagent-ils, totalement, les prises de position de Soro Guillaume ? Parfois ils se sentent même écorchés par le discours de ce dernier. Et puis la réconciliation que l'on prône peut-elle vraiment être nationale si l'on continue de traiter l'opposition comme on le fait actuellement ?
Le troisième feu, Gbagbo, le FPI et les "patriotes". Avec Guillaume Soro, c'est plus une relation de raison que de c?ur. Et tout le monde le sait. On multiplie les actes de bonne volonté mais chacun reste sur sa garde. Comment pouvait-il en être autrement après l'attentat manqué contre le 1er ministre. Guillaume Soro dit oui à la paix, il embrasse les "patriotes" mais garde l'?il bien ouvert. Même dans la mise en ?uvre de sa feuille de route, Soro est bien souvent obligé de faire des man?uvres délicates pour ne pas rentrer en collision avec les exigences du camp présidentiel.
Le peuple de Côte d'Ivoire, le 4e feu : Le mot "fatigué" ne suffit plus pour stigmatiser l'état mental et physique de ce peuple après 5 ans de crise. La pauvreté, la misère ont fini par atteindre tous les foyers au grand dam de l'Etat. La cherté de la vie a atteint les sommets ces derniers temps. Tout le monde se plaint, partout. Les mouvements de grève s'accentuent dans la fonction publique.
Même s'il faut reconnaître au peuple ivoirien sa grande tolérance, il serait une lourde erreur d'assimiler cette qualité à une forme d'impuissance.
La communauté internationale, le 5e feu. Elle se déclare disposée à accompagner le processus de paix issu du dialogue direct mais elle n'a plus l'intention de tolérer les tergiversations, les réticences ou volte face des protagonistes.
En témoigne la toute dernière résolution du conseil de sécurité de l'ONU sur la Côte d'Ivoire. Dans cette résolution, le conseil a rejeté toutes les requêtes formulées par Laurent Gbagbo à la dernière assemblée générale de l'ONU. Et même menacé d'infliger de nouvelles sanctions ciblées à ceux qui bloqueraient le processus. Dans cette même résolution, l'ONU regrettait le peu d'avancée sur les volets concrets du processus de sortie de crise. Avant le rendez-vous crucial d'avril prochain, Soro doit tout faire pour éviter d'avoir l'ONU sur son dos. Le facilitateur Blaise Compaoré, le 6e feu. Le Président Blaise Compaoré joue très gros dans la crise ivoirienne. Considéré comme le tuteur de Soro et ami de longue date de Gbagbo il a à c?ur de transformer le capital confiance dont il bénéficie auprès des deux protagonistes. Laurent Gbagbo espère en tout cas qu'il fera pression sur Soro Guillaume pour faire aboutir enfin le processus. A son égard le chef de l'Etat ivoirien multiplie les actes de générosité. Il vient de décider de supprimer la carte de séjour, une mesure salutaire pour plus de 3 millions de ressortissants burkinabé vivant en Côte d'Ivoire. Après avoir réussi au Togo, Blaise Compaoré n'a pas l'intention d'échouer dans la crise ivoirienne. Récemment au cours de la réunion du comité d'évaluation de l'accord de Ouaga, il a donné l'alarme, requérant à son tour une accélération du processus. Le sergent chef IB, le 7e feu. Il reste un danger permanent pour Guillaume Soro sur ses bases dans les zones Forces nouvelles, où dit-on, il compte aussi des sympathisants. Des proches de Soro le citent comme l'un des commanditaires de l'attentat contre l'avion du Premier ministre le 29 juin dernier à Bouaké. Le sergent chef IB est le 7e feu qui menace Soro Guillaume.

Paul Kodou


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