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lundi 25 aout 2014 par Le Democrate

Le piratage des ?uvres de l'esprit cessera-t-elle un jour en Côte d'Ivoire? La question reste posée, car depuis que ce fléau a fait son apparition dans le pays et qu'il s'est amplifié en étendant ses tentacules sur le territoire national et dans les secteurs artistiques employant les supports de diffusion tels les cd et autres dvd, les moyens mis en ?uvre pour l'arrêter peinent à donner des résultats satisfaisants. De la brigade anti-piratage à l'opération Point info culture , consistant à installer des kiosques de vente d'?uvres originales initié par le ministre de la culture depuis Octobre 2013 en passant par les stickers, aucun de ces projets n'a vraisemblablement réussi à freiner l'ardeur de ces fossoyeurs de l'art made in Côte d'Ivoire. Pour donner un coup d'accélérateur à la lutte, le chanteur de Reggae Fadal Dey a au cours de l'émission La petite causerie diffusée sur la chaîne Rti2 le 12 Août et rediffusée le Vendredi dernier et animée par Laurence Sautier, exhorté Maurice Kouakou Bandaman, ministre de la culture et de la francophonie, à s'impliquer davantage dans cette lutte. Selon lui, le locataire du 22ème étage de la Tour E au Plateau devrait de temps en temps quitter ses bureaux feutrés pour se mettre à la tête de la brigade anti-piratage afin de traquer et démanteler les réseaux de distribution de Cd piratés. Une proposition qui n'a pas manqué de faire sourire les autres participants à cette émission. Mais, au fond, cette proposition ne serait-elle pas digne d'intérêt. D'autant que l'histoire récente de la Côte d'Ivoire donne des raisons d'y croire. En effet, l'exemple de Soro Guillaume (ex-Premier ministre et ministre de la défense) et Anne Oulotto (ex-ministre de la salubrité urbaine) sont édifiants en la matière. Le premier cité a, on s'en souvient, mené une lutte farouche contre les barrages anarchiques des Frci à Abidjan et dans sa banlieue juste après la crise postélectorale de 2011 en se rendant lui-même sur le terrain afin de les faire disparaître, le résultat ne s'est pas fait attendre. Quant au second exemple, Anne Oulotto aura certainement marqué les esprits puisqu'elle se déplaçait aussi en chair et en os avec ses bulldozers pour démolir les installations anarchiques à Abidjan, ce qui lui a d'ailleurs valu le surnom de Maman Bulldozer. Là aussi, les choses ont sensiblement changé, alors on pourrait se demander pourquoi Maurice Bandaman ne ferait pas autant ? Et ce d'autant que le problème se pose avec tellement d'acuité qu'aucune piste de solution ne devrait être négligée. On se souvient qu'en 2007, le Burida avait jugé nécessaire d'associer les étudiants à travers la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) à l'opération dans la mesure où les résidences universitaires étaient considérées comme les nids de pirates. Malheureusement, la fermeture des résidences universitaires de 2011 à 2014, n'a absolument rien changé et la situation demeure. Sans oublier que les dispositions légales réprimant toute action de reproduction illicite d'une ?uvre de l'esprit peinent à être appliquées.

Francis K.


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