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samedi 12 janvier 2013 par L`intelligent d`Abidjan

Le drame du Plateau qui s'est produit dans la nuit du 31 décembre 2012 au 1er janvier 2013, continue de susciter des réactions et interrogations. C'est dans cette même dynamique que le Docteur Cheick Diop, président d'Avocats Sans Frontières Côte d'Ivoire (ASF-CI) apporte ici sa contribution.

L'apologie de certaines personnalités, faite par leurs ?'camarades'' ainsi que les organes de pensée et de réflexion, au lendemain d'une tragédie révélatrice de dilettantisme de certaines personnes publiques en matière de gouvernance, suscite notre indignation. Pour rappel, la sécurité et la protection des citoyens non seulement à l'égard de l'extérieur, mais également sur le plan intérieur est traditionnellement la justification première de l'existence de l'Etat. Ainsi donc, assurer la sécurité des Ivoiriens représente une des principales missions de l'autorité publique. S'il s'avère que l'Etat manque à cette obligation qui lui incombe du fait de ses actes matériels, sa responsabilité devra être engagée.
De ce fait, la garantie de la sécurité des personnes et des biens aurait dû constituer une condition préalable à l'organisation du feu d`artifice de fin d`année qui a coûté la vie à des dizaines de personnes venues sur invitation dans la nuit du lundi 31 décembre 2012 au mardi 1er janvier 2013. Mais loin de tirer les conséquences de ce drame, certaines personnes et structures responsables directement ou indirectement de la sécurité des citoyens vivant en Côte d'Ivoire, et même des hommes de droiture usent de faux-fuyants et se lancent dans une énumération d'évènements macabres pour la plupart qui ont eu lieu dans l'ancien temps, sans doute pour avouer tacitement que ce que l'on décriait du temps ancien sert aujourd'hui de modèle. Ces défaillances présagent l'inscription dans la continuité des prédécesseurs, alors que semblait souffler depuis l'élection dernière, un vent d'espoir et de changement, et que l'on croyait révolu le temps de l'irresponsabilité. Qu'il est temps de rompre avec le temps ancien en rendant visite aux blessés ou aux familles des morts et en distribuant quelques gamelles et contrairement à la terminologie des organes de pensée, l'Etat ne doit pas aider, mais réparer. Il revient donc au gouvernement de faire une juste proposition d'indemnisation aux victimes de ses manquements. Aussi, ASF-CI exhorte le gouvernement à mettre en place et en toute transparence une cellule d'indemnisation afin de réparer les préjudices et tous les préjudices causés par ces manquements qui ont provoqué la souffrance et la mort de tant d'êtres humains en un court temps.

Dr Cheick Diop, président d'Avocats Sans Frontières Côte d'Ivoire (ASF-CI)


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