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samedi 14 juillet 2012 par L'intelligent d'Abidjan

La vie d'un homme, surtout celle d'un voleur, tient souvent à un fil. Cette réalité, le jeune S. M et sa famille vont la méditer pendant longtemps. Tout a commencé dans la nuit du vendredi au samedi dernier au quartier phare entre 4h et 5h du matin. Ce jour là, la violente pluie qui s'est abattue sur le district d'Abidjan réveille KD. Ce chef de famille n'arrive plus à dormir et s'efforce tant bien que mal de retrouver le sommeil. C'est à ce moment qu'un bruit dans la cuisine attire son attention. Pensant avoir affaire à une souris, KD ne s'inquiète guère au début. Mais la persistance du bruit va le pousser à se lever du lit et aller voir ce qui se passe. Il surprend quelqu'un dans sa cuisine qui essaie de dévisser sa bouteille de gaz. C'est la troisième bouteille de gaz qu'il vient d'acquérir à la suite de vols à répétition. N'écoutant que sa colère et son courage, il se jette sur le lascar et le saisit à la ceinture. Puis, il alerte toute la maisonnée qui accourt aussitôt à son aide. Jeunes, vieux, femmes, hommes, tout le monde se jette sur le malfrat et le tabasse à l'aide de pilon, de barre de fer et tout autre objet contondant. D'ailleurs, le bruit fait accourir aussi les voisins qui s'invitent à la mise à mort, excédés eux-aussi d'être toujours victimes de ces voleurs. Mais voila, à l'allure où vont les choses, KD qui craint que le voleur ne meure à son domicile interrompt la correction et demande que le voleur soit transporté à l'extérieur. Les habitants qui criaient vengeance trouvent rapidement le lieu requis pour l'achever : l'océan qui se trouve à quelques dizaines de mètres. Malgré ses suppliques, SM est aussitôt attaché avec une chaîne dont le bout est fixé avec un moteur d'un engin inutilisé appartenant à un voisin, puis traîné en mer. Nous sommes en ce moment vers 6h du matin, la pluie s'est arrêtée et W.B effectue comme à son habitude son footing du samedi. Cet agent à la Sodeci est intrigué par cette foule. Je me suis approché et là, j'ai vu un gamin qui avait le visage tuméfié. Il suppliait ses bourreaux de le conduire à la police plutôt que de le jeter en mer. J'ai eu pitié et je me suis interposé. Son intervention redonne l'espoir au jeune S.M qui lui donne le numéro portable de sa mère et le supplie de l'appeler. La mère arrive quelques minutes après sur les lieux accompagnée de sa fille. A la vue de son fils, elle se jette aussitôt dans ses bras en suppliant les habitants. C'est mon dernier garçon, il est en classe de terminale D et passe le bac cette année. Cela fait 4 mois qu'il a quitté le domicile familial. Pitié, pitié, implore cette dame qui s'accroche à son fils et promet de rembourser les victimes.

Olivier Guédé


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