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mardi 10 juillet 2007 par Le Matin d'Abidjan

La capacité déficitaire de stockage du gaz butane cause des problèmes aux ménages ivoiriens. Une solution durable est en train d'être trouvée par la PETROCI

Les consommateurs sont accoutumés depuis quelques années à des pénuries de gaz butane. Cette situation a pour conséquence la hausse illégale des prix de ce produit très usité dans les ménages ivoiriens. De fait, la demande de gaz butane a atteint 90000 tonnes en 2005. Conséquence, la consommation par tête d'habitant est passée de 2,5 kg à 5 kg dans la même période. Expliquant les raisons de cette pénurie, le coordinateur gaz butane du groupe PETROCI, Amadou Touré, dans le bulletin d'informations trimestriel n°17, indique qu'il y a un déficit des infrastructures de stockage de gaz butane. Comme exemple, il soutient que le stockage stratégique doit représenter 60 jours de consommation soit 15000 tonnes sur la base du volume de l'année 2005. Quand le stockage opérationnel est supposé satisfaire les besoins de 15 jours de consommation nationale, soit 4000 tonnes. Il faut donc retenir, selon M. Touré, que les stockages stratégiques et opérationnels sont largement déficitaires de 13000 tonnes et 3000 tonnes respectivement. L'indisponibilité du butane est également citée comme une des raisons des pénuries. Sur ce sujet, il est indiqué que les capacités de production locale se sont avérées limitées du fait de l'évolution croissante de la demande. Jusqu'en 2004, explique l'expert ivoirien, l'offre était repartie entre trois sources à savoir (1/3 production SIR ; 1/3 production LION GPL ; 1/3 importations SIR). Cependant, ces deux dernières années, 50% de la consommation nationale provenaient des importations de la SIR. Pour M. Touré, l'importance du gaz butane importé et la très faible capacité des stockages sont à l'origine des tensions observées périodiquement sur le marché. Le manque de creux a parfois conduit les butaniers commandés par la SIR à ne pouvoir pas dépoter le trop plein de produits. Ils sont donc amenés soit à attendre en payant des surestaries ou retourner avec du produit déversé par la suite sur d'autres marchés. C'est pourquoi, l'option générale, poursuit M. Touré, est de recevoir de petites quantités de 1500 à 2000 tonnes. Elles sont à peine suffisantes pour couvrir quatre jours de consommation nationale. L'inadéquation entre l'offre et la demande de gaz est alors inévitable, conduisant à des pratiques illégales de surenchérissement malgré le caractère administratif des prix du gaz butane. Ce caractère administratif, à en croire M. Touré, doit amener le ministère du Commerce à faire la police auprès des détaillants et autres intermédiaires afin d'uniformiser les prix. En attendant, PETROCI a déjà pris des mesures pour résoudre la question de déficit de stockage. Cette société a investi près de 6,5 milliards FCFA dans le stockage de gaz butane de 1000 tonnes chacune. Elles sont déjà terminées et ont même été pré-receptionnées par PETROCI. Dans le souci d'améliorer la distribution de gaz à Abidjan et développer la consommation à l'intérieur du pays, cette société a, en mai 2007, reçu 100000 bouteilles. Mieux, l'unité de requalification des bouteilles est en train d'être reconvertie en unité de fabrication de bouteilles de gaz. Par conséquent, la production devrait atteindre 200000 unités par an en période de croisière. Ainsi, la première bouteille made in Côte d'Ivoire est prévue pour septembre 2007. Aussi, la modernisation du centre d'emplissage de bouteilles permettra au plus tard à la fin juin de porter la capacité d'emplissage de 100 tonnes à 200 tonnes en huit heures. En plus, les équipements de réhabilitation (carrousels électroniques et autres matériels performants) commandés chez un fournisseur reconnu mondialement ont été déjà réceptionnés. Ils prendront quelques jours pour être installés. Au regard de ces investissements, PETROCI reste confiante que la disponibilité du gaz par l'accroissement de l'offre couplée à l'exploitation de l'usine de fabrication de bouteilles devrait permettre de satisfaire les besoins des consommateurs d'Abidjan. Même les consommateurs de l'intérieur du pays en bénéficieront largement. M. Amadou Touré note enfin que sa société a, malgré le déficit de l'activité du gaz butane, opté pour continuer de réaliser d'importants nouveaux investissements pour assurer la disponibilité du gaz butane dans tous les ménages ivoiriens. Déjà, 30 milliards FCFA ont été injectés dans le gaz butane entre 1993 et 2005. Il faut espérer que les autres opérateurs de leur côté en fassent de même afin de satisfaire largement tous les ménages ivoiriens.

De la bonne foi des revendeurs
Les populations souffrent chaque fois que le gaz butane vient à manquer dans les circuits de distribution. Ce déficit est en voie d'être pallié avec les dispositions techniques qu'a prises depuis un moment la société Petroci. Elle a décidé d'augmenter sa capacité d'emplissage de bouteilles et les stockages opérationnels et stratégiques. Ce sont des investissements estimés à près de 6 milliards de F CFA. Ces mesures, à en croire les responsables de cette société, auront l'avantage de satisfaire les ménages. Mieux, de créer chez les consommateurs de l'intérieur du pays un véritable engouement pour le gaz butane grâce à des prix compétitifs. Cependant, cette bouée de sauvetage que Petroci tend aux consommateurs risque de se crever si les grossistes et autres intermédiaires ne suivent pas le mouvement. Il faut souhaiter que certains opérateurs évitent d'augmenter les prix du gaz butane selon leurs humeurs. Leur bonne foi à s'inscrire dans la politique de Petroci est le gage du succès de cette opération. De son côté, Petroci doit mener des actions de sensibilisation tout azimut vers les grossistes et intermédiaires. Afin de les impliquer entièrement dans sa démarche. Car, ce sont eux qui sont les premiers interlocuteurs des consommateurs. Il est également impératif que le ministre du Commerce emboîte le pas à cette société. Youssouf Soumahoro doit initier une vaste campagne de contrôle des prix des bouteilles de gaz butane dans les commerces. Car, les prix de ce produit sont homologués et ne sauraient subir une hausse illégale. Il faut que les autorités et revendeurs soutiennent sans conditions les mesures de Petroci. Les consommateurs n'en seront que plus heureux.

FABRICE TETE


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