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mardi 3 juillet 2007 par Le Patriote

Intervention intégrale du Premier ministre lors de sa rencontre avec les FDS/CI

Messieurs les ministres, mes généraux, messieurs les officiers, je voudrais, au nom du gouvernement, de tous les amis, de tous les frères, dire merci pour l'occasion qui m'est donnée de m'adresser aux militaires ivoiriens.
Je voudrais commencer par dire merci au président de la République qui, dès le premier jour, m'appelé et officiellement témoigné son soutien et aussi sa compassion pour les évènements douloureux que nous venons de vivre. Je voudrais, à sa suite, remercier tous les autres chefs d'Etat, tous les hommes politiques ivoiriens qui m'ont appelé pour me soutenir. Ça été des moments importants pour moi. Ces moments m'ont rassuré et réconforté. Au-delà de tout ce qui est solennel, je remercie le général Mangou qui a été parmi les deux premières personnes qui m'ont appelé pour me soutenir et s'enquérir sur mon état de santé. J'en ai été heureux et, par la suite, m'informer régulièrement de toutes les dispositions qu'il prenait pour aider les FDS ? Forces Nouvelles, le général Bakayoko m'a rendu compte de l'échange de coup de fil téléphonique, j'en suis heureux parce que c'est ce que j'ai toujours voulu.
Le vendredi 29 a été une journée difficile dans ma vie parce qu'au-delà de la rare violence de l'attentat, je voyais des risques graves pour mon pays, ce qui est inquiétant, ce n'est même pas ceux qui sont morts avec moi, ce qui était grave et inquiétant c'était de constater l'escalade de la violence, parce que faire un attentat contre un avion, c'est l'ultime violence, c'est un crime contre l'humanité. Dans cet avion, il y avait cinquante personnes, jamais quiconque n'aurait pu imaginer que dans notre pays, des quidams oseraient s'attaquer à un avion civil de surcroît transportant le Président d'une institution.
En Côte d'Ivoire, on a atteint l'ultime, l'escalade de la violence et ça m'a inquiété. Abattre un avion, ça a des conséquences incalculables. L'on l'a fait au Rwanda, ça donné un génocide. Quand j'ai vu tous ces corps jonchant le plancher et que je me suis rendu compte ainsi que c'était une attaque, j'ai eu peur pour le pays parce que, à la limite, les trois qui sont morts n'ont pas souffert avant de mourir, je n'ai entendu aucun cri dans l'avion. Ce qui est grave, c'est ce qui allait se passer après qu'on ait abattu l'avion du Premier ministre. C'est pourquoi dès que je suis sorti de l'avion, dans ma tête, je me suis dis qu'il faut éviter les dérapages. Aussitôt j'ai rassemblé tous les chefs militaires pour être dans mon bureau pour leur dire personne ne bouge et on ne fait absolument rien, bien au contraire, il faut que le programme continue et j'ai insisté auprès du ministre de la justice pour qu'on installe les magistrats pour que le reste du programme soit exécuté. C'était pour moi très important. C'est comme ça que je pouvais atténuer les effets de l'attentat et ça me paraît extrêmement important. Je dois dire que Dieu soit loué, l'Imam l'a dit toute à l'heure. On a vécu des situations. Kassaraté se rappelle quand j'étais à la RTI 2003 - 2204, ils sont venus à mon secours, on a vécu des situations quelque fois difficiles et tragiques, mais cette fois, c'était grave.
Je voudrais vous dire merci et vous voir là me fait énormément plaisir. Au-delà de votre présence, c'est surtout la cohésion qui doit exister entre nous. C'est pourquoi je ne donne le droit à personne d'accuser qui que ce soit dans cette affaire. Je ne veux pas qu'on accuse personne. C'est mon attentat, qu'on laisse mon attentat tranquille. Je veux une enquête internationale pour mettre tout le monde d'accord. J'ai demandé aux juristes de prendre les dispositions pour qu'on obtienne une enquête internationale, pas pour moi-même parce que j'ai déjà échappé, mais pour que personne d'autre ne vive ce que j'ai vécu et que jamais plus un avion ne soit l'objet de quoi que ce soit. Je veux une enquête internationale, je prendrai les dispositions pour que l'enquête soit menée parce que si on mène nos petites enquêtes, après c'est pour dire que l'enquête n'a pas suivi les règles. Il faut que ça soit international. C'est pourquoi je veux que les polémiques, dans la presse, cessent. C'est pas à tout moment qu'on fait de la récupération politique, il s'agit de ma vie, je veux que ça cesse, qu'on n'accuse personne et qu'on laisse les experts travailler dessus. Je ne veux pas non plus que les Forces Nouvelles engagent une polémique avec l'ONU ou l'ONUCI. Qu'on laisse une enquête internationale nous dire où on est.
Mais ce que je sais, c'est que j'ai reporté le bûcher simplement parce que les militaires m'ont dit : monsieur le Premier ministre, s'il y a un "acte 1" qui est d'attenter à votre vie, il y a certainement un "acte 2" . Parce qu'on ne vient pas tuer quelqu'un gratuitement et partir à la maison. On dit qu'on ?' l'a tué donc il peut avoir d'autres choses''. Donc nous avons besoin d'une ou deux semaines pour bien s'assurer que tout est aseptisé, mais je tiens à ce que ce bûcher se tienne et au lieu de quatre chefs d'Etat, je vais inviter beaucoup plus, et les avions des chefs d'Etat viendront atterrir sur l'aéroport de Bouaké et redécoller en toute sécurité, parce que je prendrai des dispositions pour que l'aéroport de Bouaké soit l'aéroport le mieux sécurisé de la sous- région.
Il faut que les chefs d'Etat viennent ici, qu'ils atterrissent sur cet aéroport et qu'ils entrent dans cette ville, qu'on fasse la cérémonie et qu'ils retournent. C'est le seul moyen d'exorciser l'aéroport de Bouaké.
Je suis allé sur les lieux, j'ai eu des frémissements parce que ça ne peut être que l'?uvre de professionnels. Ils ont attaqué l'avion dans l'angle et le moment où il était, le plus vulnérable au moment où l'avion était quasiment au stop, c'est là qu'on attaque. Ça veut dire que les gens ont préparé cela soigneusement. Il faut que l'aéroport de Bouaké soit soigneusement sécurisé. A un kilomètre, on doit pouvoir voir le pigeon qui se pose. Je pense aujourd'hui que notre pays a échappé à des moments difficiles. Moi-même j'avais dit à Mangou, une fois dans mon bureau, que l'étape qu'on vient d'amorcer est une étape difficile. je lui ai même dis que je ne sais pas si je serais là pour voir la fin de la paix. Mais, ce que je sais, c'est que je l'ai engagé, quel que soit ce qui arrive, on ne doit pas reculer et je veux qu'on continue jusqu'au bout de ce processus. C'est pourquoi, au-delà de la compassion et des condoléances, il faut sceller le pacte du partenariat entre Magou et Bakayoko pour que, plus jamais, le crépitement des armes ne reprenne et que la guerre ne reprenne pas. Je l'ai dit au chef de l'Etat, ce sera une catastrophe de vouloir reculer, on n'a même plus le choix, il faut qu'on continue jusqu'à la paix.
Les chefs militaires des Forces Nouvelles sont là, je le dis et je le répète, il faut que vous alliez jusqu'à la paix. C'est pour le pays, ce n'est pas pour des individus. Le pays est au-delà des hommes, des partis politiques, des syndicats ; le pays doit demeurer et vous avez pour mission de consacrer une partie de votre vie pour préserver le pays, c'est tout. Je veux que entre les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire, Forces Armées des forces nouvelles il y ait cette cohésion, il faut refuser de reculer et de revenir à la guerre parce que ce serai un échec total et c'est comme si on a sacrifié nos vies pour rien.
C'est pourquoi, dans ma tête, c'est clair, le processus de paix, l'accord de Ouagadougou signé je vais continuer jusqu'aller faire ma paix. Un attentat est un attentat, un attentat par essence est fait par un groupe isolé composé de quelques quidams (...) J'ai entendu s'il y a attentat, c'est que Soro ne maîtrise pas ses hommes, mais l'armée la plus puissante du monde n'a pas pu empêcher l'attentat de Wall Street Center. Est ce que ça voulait dire que l'armée américaine n'aimait pas Bush ou que lui-même n'aimait pas son armée ? L'armée puissante d'Egypte n'a pas empêché que Saddath meure, pourtant il était le mieux protégé. Un attentat est un attentat, il faut ne pas que les gens tentent de brouiller les choses, c'est pas une révolte des éléments des Forces nouvelles.
Je souhaite qu'on ne déborde pas. Je voulais faire ce témoignage au nom de mes frères du gouvernement, des ministres qui sont venus me soutenir, dire aux Forces armées de Côte d'Ivoire que le Premier ministre reste serein, déterminé et à la barre, on doit continuer de travailler, chacun doit reprendre son poste pour l'avènement de la paix dans notre pays.
Je vous remercie
Vive la Côte d'Ivoire


Maïga Idrissa (Correspondant)


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