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samedi 30 juin 2007 par Notre Voie

Ce coup de poignard que certains individus veulent porter au processus de paix en cours, remet au goût du jour, l'épineuse question du véritable rôle des forces étrangères en Côte d'Ivoire. Que font exactement les soldats de l'ONU et surtout la Force Licorne qui est la mieux équipée et la plus visible sur le terrain, aussi bien dans la zone ex-occupée que dans celle sous contrôle gouvernementale ?

Selon le lieutenant-colonel Xavier Ponce, porte-parole de la Licorne, c'est l'ONUCI qui se charge de la sécurité à l'aéroport de Bouaké. Le journaliste de Notre Voie qui se trouvait dans l'avion soutietn cependant, avoir clairement vu les soldats français dans les herbes environnant l'aéroport. Xavier Ponce explique qu'ils s'y trouvaient pour sécuriser un avion français en transit au moment des faits. Comment donc ces crimes supplémentaires ont-ils pu être commis en présence des éléments de l'ONUCI et des Français, sans qu'ils n'aient pu les empêcher? Les soldats étrangers, la force Licorne en tête, sont et resteront toujours suspects. La Licorne a donné toute la mesure de sa démarche, en novembre 2004, devant l'Hôtel Ivoire. On se rappelle que dès le début de la crise, les soldats français se sont signalés en jouant les éclaireurs pour les assaillants. Les cas de San Pedro, Man, Danané etc. sont encore frais dans nos mémoires. Toutes les attaques ennemies étaient précédées par leur passage sur les lieux. Soit en hélicoptères, soit en véhicule. Toujours pour donner aux ennemis des informations pouvant leur permettre d'attaquer.

Aujourd'hui, à défaut de les accuser faute de preuves, d'avoir planifié et aidé à exécuter la tentative d'assassinat du Premier ministre, on peut au moins leur reprocher de n'avoir rien fait pour empêcher cela alors qu'ils étaient présents sur les lieux. Les lance-roquettes utilisées par les assaillants ne peuvent tout de même pas être transportées dans la poche comme une boîte d'allumettes ! Seraient-ils au nombre de ceux qui ne veulent pas du retour de la paix ? Tout porte à le croire. En effet, l'énorme investissement financier, diplomatique, politique et militaire de la France dans ce conflit visait une seule chose : obtenir la chute du président Gbagbo. A défaut, profiter du séjour des soldats dans le pays pour le piller systématiquement. Comme en témoignent leurs présences dans les mines de Man. L'accord de Ouagadougou vient remettre tout cela en cause. Il promet la paix tant attendue, à la Côte d'Ivoire. Mais le jour même où le Premier ministre va installer les magistrats qui constituent un maillon important de l'administration et à quelques jours de la visite d'Etat du président de la République à Bouaké, visite dont Guillaume Soro est le président du comité d'organisation, voilà que ce tir de roquette vient créer une grande psychose qui pourrait tout remettre en cause. A qui profite le crime ? Si ennemis de la Côte d'Ivoire n'ont pas saisi l'arme, ils ont certainement donné le sens du tir. Les Ivoiriens sont avisés, le serpent n'est pas encore mort.

Paul D. Tayoro


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