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jeudi 5 mai 2011 par AFP

ABIDJAN - Près d`un mois après son arrestation et la chute de son régime, l`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo va être entendu pour la première fois vendredi par la justice ivoirienne, dans le cadre d`une enquête préliminaire portant notamment sur des accusations de crimes et exactions.

L`audition de M. Gbagbo se déroulera à Korhogo (nord), où il est assigné à résidence depuis le 13 avril, deux jours après son arrestation dans sa résidence présidentielle à Abidjan, avec sa femme Simone et une centaine de proches.

M. Gbagbo, âgé de 65 ans, sera entendu par le procureur de la République d`Abidjan, Simplice Kouadio Koffi, récemment nommé par M. Ouattara, qui sera accompagné d`officiers de police judiciaire, dans le cadre d`une enquête préliminaire portant sur des accusations de crimes et exactions, de concussion et d`appels à la haine.

Ce premier rendez-vous judiciaire pour le président déchu avait été reporté de mercredi à vendredi afin de permettre à ses avocats de l`assister.

Me Marcel Ceccaldi, membre du collectif des avocats chargés de défendre M. Gbagbo, a indiqué jeudi à l`AFP qu`il arrivait vendredi matin à Abidjan avec Me Jacques Vergès et l`avocate franco-camerounaise Lucie Bourthoumieux, pour assister à l`audition à Korhogo.

"Nous ne savons pas ce qui est exactement reproché à Laurent Gbagbo. Il y a une grande pagaille qui favorise la désinformation", a déclaré Me Ceccaldi.

Selon le procureur Kouadio Koffi, l`enquête préliminaire porte sur des faits commis lors des quatre mois de crise post-électorale née de la présidentielle du 28 novembre et des 15 jours de guerre qui ont abouti à l`arrestation de M. Gbagbo le 11 avril.

Les violences qui ont secoué le pays ont fait près de 3.000 morts selon le nouveau président Alassane Ouattara, et causé le déplacement d`environ un million de personnes.

"S`il y a des personnes mises en cause, elles seront poursuivies", a ajouté le procureur, à propos des accusations contre des membres des Forces républicaines (FRCI) du président Ouattara, soupçonnés d`avoir commis des massacres dans l`ouest.

"Nous avons exclu ce qui relève de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), comme les crimes contre l`humanité", avait souligné le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Kouadio Ahoussou.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a indiqué mardi que ses services préparaient une demande au tribunal pour ouvrir une enquête concernant des massacres commis en Côte d`Ivoire.

Me Ceccaldi et ses confrères assisteront également à l`audition prévue samedi de Simone Gbagbo, à Odienné (nord-ouest), où l`épouse de l`ancien président est assignée à résidence depuis le 22 avril, après avoir été détenue avec son mari au Golf hôtel d`Abidjan, le quartier général du président Ouattara.

Début avril, une fille de Laurent Gbagbo, Marie-Antoinette Singleton, qui vit aux Etats-Unis avait saisi des avocats français, dont Me Vergès, pour étudier notamment la "légalité" de l`arrestation de ses parents.

Les avocats du collectif seront aussi présents lors des auditions d`autres membres de l`ancien régime, placés en résidence surveillée dans différentes villes du pays, dont le chef du parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien, Pascal Affi N`Guessan, à Katiola (nord), et d`autres qui se trouvent à l`hôtel La Nouvelle Pergola à Abidjan.

"Près de 200 personnalités de l`ancien régime sont concernées par ces auditions. Elles figurent pour la plupart sur la liste des personnes sanctionnées par l`Union européenne", avait indiqué le ministre de la Justice, précisant que le procureur d`Abidjan devrait les entendre "d`ici le mois de
juin".

L`audition de M. Gbagbo intervient après l`arrivée mercredi en Côte d`Ivoire de trois experts internationaux indépendants chargés par l`ONU d`enquêter sur les violations graves des droits de l`Homme commises depuis la présidentielle.


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