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jeudi 13 janvier 2011 par Le Patriote

Il avait promis le chaos si d'aventure, il était obligé de quitter le pouvoir. Eh bien, il est en train de réunir les éléments d'une vraie déflagration sociale qui, si l'on n'y prend garde, pourrait très bien se transformer en une guerre civile. Avant-hier, l'armée a investi tout le quartier PK 18 dans la commune d'Abobo à la recherche, dit-on, de caches d?armes ou de bandits armés. Le bilan fait état de quatre morts et de nombreux blessés. A peine les clameurs se sont tues que les affrontements ont repris dans le même quartier et dans la même commune. Hier, en effet, selon les témoignages de quelques habitants que nous avons joints, les armes ont encore crépité. Des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) ont envahi ladite commune, comme la précédente fois pour y traumatiser les habitants. Il y a encore eu des morts. Et comme il fallait s'y attendre, Abobo a cessé de vivre hier. La circulation s'est arrêtée, entraînant du coup, la baisse des activités commerciales et économiques. Hier toujours, les démons de la violence ont posé leurs valises à Lakota. Dans la cité des éléphants, des affrontements inter-ethniques ont opposé les jeunes, à en croire nos sources. Il y a quelques jours, c'est la ville de Duékoué, à l'ouest du pays, qui a connu des affrontements. Une banale affaire de coupeurs de route s'est transformée, c'est le cas de le dire, en une vraie guérilla. Des maisons incendiées, des magasins pillés. Duékoué présente depuis ces malheureux événements qui se sont déroulés en début de semaine dernière, le hideux faciès d'une ville à l'abandon. Ce qui a entraîné des exodes massifs vers d'autres villes et des déplacements internes des populations. C'est ainsi que certaines ont trouvé refuge à la Mission catholique, dans des conditions de vie et d'hygiène très délétères. Ainsi donc, parce qu'un candidat qui a été battu à la loyale refuse de reconnaître sa défaite, ce sont les populations qui paient cash, cette forfaiture. Après Abobo, Duékoué, Lakota, que nous réserve demain, pourrait-on se demander. Si cette situation préoccupe au plus haut niveau les observateurs de la scène politique ivoirienne et les Ivoiriens eux-mêmes, il y a quand même un homme qui, certainement, doit se frotter les mains, heureux que le chaos qu'il a toujours souhaité soit en préparation. C'est bel et bien Laurent Gbagbo. Le candidat malheureux à la présidentielle du 28 novembre dernier, sans doute convaincu qu'il serait battu, avait fait savoir qu'après lui, ce serait le chaos. Il est en train de tout mettre en ?uvre pour qu'il en soit ainsi. C'est donc pour cela qu'il fait tout pour que l'on en arrive à un pourrissement de la situation. Et il est en passe de le réussir. Tout coûte cher tant à Abidjan qu'à l'intérieur du pays. L'école ne fonctionne plus. L'administration encore moins. L'argent fait cruellement défaut et se nourrir est devenu un vrai calvaire. S'étant rendu compte que les Ivoiriens supportent avec dignité cette extrême pauvreté qu'il veut leur imposer, Gbagbo veut les pousser à s'affronter entre eux. En quelques 48 heures, les morts sont devenus nombreux à Abobo. Tant du côté des FDS que des populations civiles. Attention, le chef de l ?Etat sortant est en train d'instaurer ?'sa'' guerre civile. Va-t-il y parvenir? On verra bien.

Yves-M. Abiet


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